Télécoms

Télécoms : Orange s’installe en tête au Burkina

Le PDG du groupe, Stéphane Richard, avec la ministre de l’économie numérique, Mme Ouattara-Sanon, et le DG de la filiale burkinabè, Ben Cheick Haidara, le 16 mai 2017, à Ouagadougou. © ORANGE

L’opérateur français est parvenu, au forceps, à conquérir la place de numéro un dans le pays. Sur un marché très concurrentiel, il vise les 10 millions de clients d’ici à 2020.

C’est le dernier grand bastion ouest-africain à tomber dans l’escarcelle d’Orange. Numéro un presque partout en Afrique de l’Ouest, le géant des télécoms a enfin conquis, en 2017, la première place au Burkina, seul marché où il est présent, avec le Niger, qui résistait encore à sa domination.

« Orange est désormais leader du marché, aussi bien en nombre d’abonnés qu’en revenus, se félicite Ben Cheick Haidara, directeur général d’Orange au Burkina. En deux ans, nous avons conquis plus de 3 millions de clients supplémentaires, portant notre parc à 8,5 millions, tous services confondus », poursuit encore le patron local du groupe, un ancien de KPMG qui a dirigé et su redresser les activités de Moov au Niger et au Bénin.

45 % des parts de la téléphonie mobile

Orange, piloté sur le continent par Bruno Mettling, est arrivé au Pays des hommes intègres en 2016. Il avait déboursé 515 millions d’euros en 2016 pour absorber l’indien Airtel, devenu Orange Burkina en mars 2017. Une incursion qui a bousculé le secteur burkinabè des télécoms, dont le chiffre d’affaires est estimé, en 2017, à près de 415 milliards de F CFA (632 millions d’euros). Le nouvel arrivant avait ainsi mis la pression sur Onatel, dirigé par le Marocain Sidi Mohamed Naimi. L’opérateur historique, filiale de Maroc Telecom, qui avait acheté 51 % de ses parts pour 144 milliards de F CFA en 2007, dominait largement le secteur jusque-là.

Dans la téléphonie mobile, Orange détient aujourd’hui 45 % des parts, talonné par Telmob, la filiale mobile d’Onatel, à 40 %, avec ses 7, 2 millions de clients, suivi de Telecel Faso, du groupe Planor Afrique du tycoon local Appolinaire Compaoré, qui revendique 15 % du marché. Un podium confirmé par une source à l’autorité de régulation des communications et des postes.

Offensive commerciale

Sur la data et l’internet mobile, Orange devance ses concurrents avec 63 % du marché. La filiale du groupe français annonce aussi une position de leader dans la banque mobile avec Orange Money, qui représente désormais 15 % de son chiffre d’affaires global. Une domination qui s’explique notamment par une offre concurrente encore à ses débuts chez Telmob, et inexistante chez Telecel. Ce dernier prépare le lancement de Telecel Money avant la fin de 2018 pour rattraper son retard.

Pour s’imposer, Orange Burkina indique avoir été commercialement agressif. Ainsi, les communications nationales, théoriquement facturées 90 F CFA la minute par Orange – un tarif similaire à celui de Telmob –, coûtent en fait beaucoup moins cher aux clients du fait de bonus de 200 % à 300 % sur les recharges, qui perdurent depuis juin 2016. Le groupe a aussi beaucoup misé sur l’amélioration de ses infrastructures.

Entre décembre 2017 et juin 2018, la base d’abonnés a augmenté de 25 %, indique Ben Cheick Haidara

« Sur les 60 milliards de F CFA investis par le groupe dans le pays, un tiers a été dirigé vers les équipements – fibre optique et équipement de transmission de données –, assure Ben Cheick Haidara. Grâce à ces efforts, nous avons stabilisé la qualité de notre réseau et amélioré la satisfaction de nos clients », affirme le patron local d’Orange, qui mise sur cet argument pour séduire les entreprises, dans la téléphonie comme pour l’accès à internet. Sur ce créneau, l’opérateur revendique de grands clients locaux comme Ecobank, BMCE Bank Of Africa et le minier Roxgold.

M. Haidara n’entend pas s’endormir sur ses lauriers. « Entre décembre 2017 et juin 2018, la base d’abonnés a augmenté de 25 % », indique-t-il. Visant les 10 millions de clients à l’horizon 2020, Orange Burkina veut pousser ses pions dans la banque mobile, avec ses partenaires Ecobank et Coris Bank International, alors que le taux de bancarisation n’est que de 22 % dans le pays.

Pays ouest-africain où le groupe est leader du marché :

Côte d’Ivoire, Sénégal, Mali, Guinée, Guinée-Bissau, Sierra Leone, Liberia

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