Télécoms

Télécoms : liberté ou contrôle des communications numériques ?

Mats Granryd, directeur général de GSMA, et Hamadoun Touré, directeur exécutif de Smart Africa. © Ramon Costa/Shutterstoc/Sipa/Vincent Fournier/JA

Si Mats Granryd, le directeur général de GSMA, le lobby mondial des opérateurs de télécoms, garde un œil sur les projets du directeur exécutif de Smart Africa, Hamadoun Touré, ce n’est pas pour sa participation à l’élection présidentielle malienne du 29 juillet...

Mats Granryd est plus soucieux de la manière dont le directeur exécutif de Smart Africa pourrait nuire aux intérêts de ses membres. Hébergée à Kigali et présidée par Paul Kagame, cette agence à but non lucratif, dont l’objectif est d’accélérer le développement numérique de l’Afrique, regroupe vingt quatre États, des représentants du secteur privé (dont Orange, MTN, Econet et GSMA), ainsi que des organisations internationales.

Depuis quelques mois, Hamadoun Touré a fait part de son intention de créer une plateforme de contrôle des appels internationaux entrants pour les États membres de Smart Africa et, faute de disposer des compétences, de la confier à la société fondée par l’ex-Premier ministre haïtien, Laurent Lamothe, Global Voice Group (GVG).

Plusieurs pays, dont le Rwanda, ont mis en place un outil similaire, qui permet de comptabiliser les appels reçus depuis l’étranger par les opérateurs et donc de s’assurer que les taxes dues sont bien payées. En obligeant les opérateurs à connecter leurs réseaux à un hub commun, cette solution permettra aussi de relocaliser la transmission des appels intra-africains qui souvent transitent hors d’Afrique. « C’est une question de souveraineté », justifie son conseiller, l’ex-ministre rwandais Jean Philbert Nsengimana.

Une nouvelle taxe ?

Mais ce service aura un coût, 4 centimes de dollars la minute, partagés entre les États et Smart Africa. Les opérateurs ont fait leurs calculs, et cela se chiffre en millions d’euros pour les plus impactés d’entre eux. Tous sont vent debout contre ce qu’ils estiment être une nouvelle taxe et une entorse au libre choix de leurs sous-traitants. Orange et MTN ont fait part de leurs observations. Etisalat et Vodacom ont confié leur défense à GSMA. Certains États comme le Niger et la Guinée sont dubitatifs. « Cela va renchérir le prix des communications et n’apporte aucun service que nous ne rendions déjà », argumente un opérateur.

Fermer

Je me connecte