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Camions : Iveco change de catégorie

IVECO Stralis X-WAY ©

Acteur historique de la gamme légère au Maghreb, le constructeur italien Iveco développe son offre de poids lourds. Un marché sur lequel la concurrence asiatique est moins forte.

Iveco a dévoilé, au début de juillet, à Tunis, le Stralis X-Way, lancé l’année dernière en Europe et commercialisé pour la première fois sur le sol africain. Ce poids lourd se positionne sur un segment intermédiaire alliant, selon ses concepteurs, la conduite routière du Stralis et la robustesse du Trakker, l’un des véhicules Iveco les plus vendus en Afrique.

« L’utilisation d’un tracteur 20 % tout-terrain et 80 % routier représente une partie très importante de la demande en poids lourds en Tunisie », commente Roberto Fresia, directeur du marketing pour l’Afrique et le Moyen-Orient chez Iveco.

Plus 40 % de ventes en cinq ans

Huit mille véhicules Iveco circulent aujourd’hui en Tunisie, distribués par trois concessionnaires locaux – Italcar, le Moteur Diesel et Sotradies – afin de couvrir l’ensemble du territoire (quinze points physiques).

En cinq ans, les ventes du constructeur ont augmenté de 40 % dans le pays, l’une des plus fortes croissances d’Iveco sur le continent, la Tunisie devenant le troisième plus gros marché africain de la marque italienne, derrière l’Éthiopie et au coude-à-coude avec le Maroc.

Fort de ces bons résultats, Iveco espère atteindre 30 % des parts du marché tunisien des poids lourds d’ici à la fin de 2018. En 2017, pour la première fois, le constructeur a décroché la place de leader sur ce segment, avec 22,5 % des parts du marché tunisien, et ce grâce notamment au succès du Trakker Châssis Cabine (4×8) et au Supercargo (18 tonnes), deux véhicules de chantier.

IVECO

« Notre stratégie est de renforcer notre présence sur les tracteurs routiers, qui représentent l’autre moitié du marché, dans laquelle s’inscrit le lancement du Stralis X-Way, de fabrication 100 % européenne », poursuit le responsable.

Réajustement face à la concurrence asiatique

Surtout présent sur la gamme légère (3,5 à 7,49 tonnes), qui, comme partout en Afrique, domine les ventes – 60 % des 4 500 unités vendues en Tunisie en 2017 –, Iveco a réajusté son plan d’action face à la concurrence asiatique. Le constructeur japonais Isuzu offre en effet une alternative 20 % moins chère au Daily, produit phare d’Iveco dans la gamme légère, qui détient encore 36 % des parts du marché tunisien (30 % au Maroc).


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« C’est dans la gamme lourde que nos marges sont les plus importantes et que nous sommes les plus compétitifs en matière de prix et de produits », souligne Roberto Fresia, la concurrence actuelle étant essentiellement européenne, incarnée par Renault Trucks, Volvo et Mercedes.

Iveco suit la même stratégie au sud du Sahara. Le constructeur a signé à la fin de 2017 un partenariat avec la société marocaine Premium Group, présente dans onze pays africains. « Cette collaboration a déjà apporté des résultats très encourageants, surtout au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Cameroun », poursuit le responsable. Premium s’occupera notamment du service d’assistance des 105 véhicules municipaux, 30 Daily, 21 Eurocargo et 54 Trakker, achetés par Abidjan pour la collecte des déchets.

« L’une des principales tendances sur le continent réside dans les changements de réglementation locale, limitant l’importation de produits finis », soulève Fabio De Serafini, directeur commercial Afrique- Moyen-Orient d’Iveco. En Algérie, ce marché est pratiquement fermé, comme en Éthiopie, où l’italien a une présence directe.

La Tunisie interdit l’importation des véhicules légers finis. Iveco, qui assemble son Daily dans deux usines, à Sousse et à Tunis, estime qu’en 2019 les produits assemblés représenteront 30 % des ventes sur le continent, contre 20 % aujourd’hui.

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