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Cet article est issu du dossier «Cameroun : l'éternel retour»

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Économie

Cameroun : opération désencombrement au port de Douala

Actuellement, 12 millions de tonnes de marchandises transitent chaque année par le PAD. © Pierre GLEIZES/REA

Afin de faire face à la concurrence au niveau national, le Port autonome de Douala (PAD) a décidé de se mettre à niveau, tant en matière d’équipements que d’infrastructures.

À l’aide de motopompes, les employés de l’entreprise italienne Bonifacio délestent la drague Youpwe de son indésirable cargaison. Au fur et à mesure que l’eau boueuse est évacuée, l’épave échouée depuis des années sur l’un des quais du port de Douala se redresse imperceptiblement mais sûrement. Une opération qui permettra de gagner 30 à 40 m de linéaire pour l’accostage.

Le Youpwe fait partie du premier lot de 25 épaves (sur 80 recensées) à enlever du plan d’eau et des quais du port de la capitale économique, dont elles pénalisent l’exploitation à hauteur de 30 %. Cette opération de désencombrement, d’un coût de 4,7 milliards de F CFA (près de 7,2 millions d’euros), marque une rupture.


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Les derniers gros investissements, qui remontent à près de quarante ans, avaient permis à ce port d’estuaire de traiter 7 millions de tonnes de marchandises par an. Aujourd’hui, ce sont 12 millions de tonnes de marchandises qui y transitent chaque année, soit 90 % des échanges commerciaux du pays.

Révision tarifaire

Le Port autonome de Douala (PAD) a donc décidé de se mettre à niveau, tant en matière d’équipements que d’infrastructures. Grâce à une révision tarifaire des loyers applicable depuis le début de l’année, il engrange 13 milliards de F CFA de recettes supplémentaires. Son budget d’investissement pour 2018 est de l’ordre de 60 milliards de F CFA, soit 43 % de l’enveloppe, contre 22 % l’année précédente.

Les réalisations vont de la construction du duc-d’Albe (ouvrage destiné à absorber l’impact lors de l’accostage des navires) du terminal pétrolier à la réhabilitation de treize magasins, en passant par la rénovation des routes, l’acquisition d’une nouvelle drague ou encore la rénovation du port de pêche.


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L’un des objectifs est de maintenir un important volume d’échanges avec ses partenaires de l’hinterland (le Tchad et la Centrafrique), qui représente près de 30 % du trafic en période d’embellie économique.

Afin de faire face à la concurrence au niveau national, avec l’entrée en activité du port de Kribi, mais aussi au niveau international, avec la montée en puissance des ports soudanais, nigérians et béninois, le PAD vient d’ouvrir des bureaux de représentation à N’Djamena et à Bangui.

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