Économie

Maroc : Mohamed Bouzoubaâ et Ahmed Kabbaj, un duel à grande vitesse

Mohamed Bouzoubaâ (TGCC) et Ahmed Kabbaj (SGTM) © Naoufal Sbaoui pour JA/ Hassan Ouazzani pour JA

La SGTM, fondée par Ahmed Kabbaj, et TGCC, dirigé par Mohamed Bouzoubaâ, sont respectivement numéro un et numéro deux du secteur du BTP au Maroc. Si les deux patrons évitent de se croiser en public, chacun surveille en coulisse les projets de l'autre.

Fondée en 1971, la SGTM est devenue leader du secteur. Dans un pays en pleine mutation, le groupe créé par Ahmed Kabbaj (3,89 milliards de dirhams [345 millions d’euros] de chiffre d’affaires en 2016) a été aux manettes de grands projets, à l’image de l’aéroport de Casablanca.

Ce n’est que vingt ans plus tard que TGCC (2,8 milliards de dirhams en 2017) a vu le jour. Le groupe de Mohamed Bouzoubaâ, son fondateur et actuel PDG, proche des milieux financiers, s’est imposé comme son seul rival sur la scène nationale.

Entre les deux patrons, on feint l’indifférence, évitant de se croiser en public. Mais en coulisse, chacun surveille de près les projets de l’autre. Que ce soit pour le compte du public ou dans le privé, les deux groupes raflent les appels d’offres, notamment sur le projet pharaonique de la ligne à grande vitesse (LGV) qui reliera Tanger à Casablanca. Et si la LGV connaît du retard, les deux groupes se targuent d’être dans les temps.

Un longueur d’avance pour la SGTM

La SGTM s’est occupée de la construction de trois viaducs, tous déjà livrés. On peut citer à titre d’exemple celui d’El Hachef, qui est, avec ses 3,5 km, l’un des plus longs d’Afrique. La construction de cet ouvrage a nécessité un investissement de 1,3 milliard de dirhams. L’entreprise dirigée par M. Kabbaj livrera prochainement la gare de Casablanca, terminus du TGV, qui a coûté plus de 390 millions de dirhams.

Du côté de Tanger, TGCC a livré l’impressionnant atelier des TGV. Déployé sur 14 hectares, le chantier a coûté 640 millions de dirhams. Les équipes de M. Bouzoubaâ, membre très influent de la fédération nationale du BTP, ont aussi pris part à la construction de la gare TGV Rabat-Agdal, pour 600 millions de dirhams, en cours de finition.

Si, sur le chantier de la LGV, SGTM a encore une fois gardé une longueur d’avance sur son concurrent, TGCC ne s’avoue pas vaincu et veut profiter de l’arrivée de Mediterrania Capital Partners (MCP) pour grandir, notamment au sud du Sahara.

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