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Livres : magie et épidémie avec Marie NDiaye et Paule Constant

des chauve-souris, des singes et des hommes © gallimard

Prenez deux Prix Goncourt et mettez-les entre les mains de deux dessinateurs de talent : si la sauce prend, vous obtiendrez des œuvres magnifiques.

Les romancières Marie NDiaye et Paule Constant ont obtenu la plus importante récompense littéraire de l’Hexagone, respectivement en 2009 et en 1998.

Hasard du calendrier éditorial sans doute, elles prêtent aujourd’hui leurs mots à deux artistes pour la réalisation de romans graphiques exceptionnels. Paule Constant, auteure de Confidence pour confidence, a écrit Des chauves-souris, des singes et des hommes (Gallimard, 2016), qui a été mis en images par le dessinateur Barroux.

Lentement, les deux auteurs nous entraînent le long du fleuve Ébola, et, de cette plongée dans l’horreur, il sera difficile de se relever

Ce dernier n’en est pas à son premier coup d’essai, puisqu’il a déjà signé Alpha, Abidjan – Gare du Nord avec la romancière franco-­gabonaise Bessora. Les premières pages des Chauves-souris, des singes et des hommes pouvaient pourtant laisser craindre le pire avec une Afrique de cases et de pirogues, une Occidentale débarquant pour une campagne de vaccination, des bonnes sœurs installées dans la touffeur équatoriale depuis des décennies et quelques animaux sauvages.


Cette impression se dissipe heureusement très vite, le récit poétique de Paule Constant et le trait au pastel de Barroux élevant une histoire, que l’on aurait pu croire simpliste, au rang de parabole. Lentement, mais avec l’inéluctabilité de la tragédie, les deux auteurs nous entraînent le long du fleuve Ébola, et, de cette plongée dans l’horreur, il sera difficile de se relever.

Le dessinateur Benoît Guillaume, de son côté, a choisi d’adapter l’un des plus célèbres romans de Marie NDiaye, La Sorcière, publié en 1996 par Les Éditions de Minuit. Un roman où l’on retrouve la plupart des thèmes chers à l’auteur de Trois femmes puissantes : les non-dits familiaux, la violence discrète des rapports humains, le mensonge et une atmosphère de malaise où le fantastique a toujours droit de cité. Avec un dessin dominé par le jaune et le gris mais parfois taché de rouge, Benoît Guillaume s’insère parfaitement dans le cœur d’une histoire troublante où une mère verse des larmes de sang quand elle essaie de prédire l’avenir, où deux apprenties sorcières, ses filles, se transforment en corneilles. Une réussite totale.

Le dessinateur Benoît Guillaume, de son côté, a choisi d’adapter l’un des plus célèbres romans de Marie NDiaye, La Sorcière, publié en 1996 par Les Éditions de Minuit. Un roman où l’on retrouve la plupart des thèmes chers à l’auteur de Trois femmes puissantes : les non-dits familiaux, la violence discrète des rapports humains, le mensonge et une atmosphère de malaise où le fantastique a toujours droit de cité. Avec un dessin dominé par le jaune et le gris mais parfois taché de rouge, Benoît Guillaume s’insère parfaitement dans le cœur d’une histoire troublante où une mère verse des larmes de sang quand elle essaie de prédire l’avenir, où deux apprenties sorcières, ses filles, se transforment en corneilles. Une réussite totale.

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