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Cet article est issu du dossier «Cameroun : l'éternel retour»

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Vie des partis

Cameroun – Jacques Fame Ndongo : « Paul Biya a une vision, son âge n’importe pas »

Le ministre de l'Éducation supérieure du Cameroun (MINESUP) et porte-parole du RDPC pose pour un portrait sur la terrasse de sa maison de Yaoundé, le 24 juin 2018. © Adrienne Surprenant pour JA

Jacques Fame Ndongo, ministre de l'Enseignement supérieur et secrétaire du RDPC, entend ne laisser « aucun mètre carré » à l’opposition pour assurer la réélection de Paul Biya.

Membre du bureau et secrétaire à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Jacques Fame Ndongo, 67 ans, est aux avant-postes de la campagne présidentielle.

Persuadé que le maillage territorial fera la victoire, il entend ne laisser « aucun mètre carré » à l’opposition pour assurer la réélection de Paul Biya, lequel, il en est sûr, se représentera.

Jeune Afrique : Plusieurs partis et leurs candidats ont lancé leur campagne depuis des mois. Qu’en est-il du RDPC ?

Jacques Fame Ndongo : L’opposition fait beaucoup de bruit, mais nous n’avons aucune inquiétude. Ces candidats peuvent faire des rassemblements, nous le pouvons aussi. Le RDPC est présent dans tous les villages, toutes les circonscriptions, ce qui n’est le cas d’aucune autre formation.

N’en doutez pas : le RDPC est prêt

Les médias et les réseaux sociaux ne peuvent pas remplacer le maillage territorial. Nous ne laisserons aucun mètre carré à l’opposition. N’en doutez pas : le RDPC est prêt.

Certains candidats ont réussi à mobiliser des milliers de sympathisants dans leurs meetings. Cela vous impressionne-t-il ?

Je crois surtout qu’ils ne devraient pas résumer leurs propositions à : « Paul Biya est vieux, il doit partir. » Parlons de programmes et de bilan. Celui de Paul Biya est éloquent. Le Cameroun de 2018 ne ressemble en rien à celui de 1982. Il ne comptait qu’une université publique, il en a huit aujourd’hui. On peut multiplier les exemples.

Ce n’est pas le paradis, mais ce qui a été fait est colossal, comme ce qui reste à faire. Paul Biya a une vision, son âge importe peu.

Vous considérez comme acquise la candidature du chef de l’État. Or il ne s’est pas encore exprimé sur ses intentions…

Pour nous, il est candidat. C’est un fin tacticien, il ne l’a pas dit officiellement, mais nous savons que c’est le cas et nous préparons la campagne en conséquence. Il n’y a pas d’autre possibilité. S’il fallait trouver un remplaçant, ce serait le chaos au sein du parti.

Ne lui reproche-t-on pas sa longévité au pouvoir plutôt que son âge ?

Paul Biya n’a jamais fait de coup d’État et s’est toujours soumis au verdict des urnes. Sa longévité est voulue par le peuple.

La décentralisation est-elle une réussite ?

Si c’était un échec, les Camerounais du Nord et de l’Est ne se révolteraient-ils pas aussi ? Seules deux régions sont en crise, par nostalgie d’une époque où les Anglophones avaient leur propre État et accédaient plus facilement à des postes à responsabilité. Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ont bénéficié d’investissements. Qui a fait construire les facultés à Buéa et à Bamenda ? Qui vient de créer le ministère de la Décentralisation ? Paul Biya fait du sujet un élément fondamental de sa politique.

La crise anglophone a rouvert le débat : faut-il plus de régionalisme ou passer au fédéralisme ?

Le débat est ouvert et sera tranché dans les urnes. Si le SDF [Social Democratic Front] propose le fédéralisme et est élu, soit. Mais, au RDPC, nous estimons que l’État unitaire et décentralisé n’est pas négociable. Nous avons connu le fédéralisme et y avons renoncé, ne revenons pas en arrière et ne permettons pas aux sécessionnistes, qui sont une infime minorité, de prendre en otage le peuple anglophone.

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