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Cet article est issu du dossier «Cameroun : l'éternel retour»

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Politique

Cameroun : faut-il revaloriser le smig ?

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Féru de batailles politiques et judiciaires, Mathieu Olivier est journaliste spécialiste du Cameroun, du Gabon et du Niger. Il travaille aussi sur les droits de l'homme, tout en gardant un œil sur la data-visualisation.

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Le marché de Mokolo, à Yaoundé. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Plusieurs candidats à la présidentielle du Cameroun ont proposé de revaloriser le salaire minimum. Une proposition jugée irréaliste par le gouvernement.

Bien sûr, la campagne officielle pour la présidentielle n’est pas encore lancée. Difficile, dès lors, de comparer les programmes des candidats. Une proposition n’est toutefois pas passée inaperçue. Le 30 avril, lors d’un meeting à Mbouda, dans la région de l’Ouest, dont il est originaire, Joshua Osih a proposé de quintupler le salaire minimum garanti s’il venait à être élu en octobre. A

insi, selon le candidat du Social Democratic Front (SDF), le smig, actuellement de 36 000 F CFA (55 euros), passerait « au moins à 160 000 F CFA » (244 euros) – un peu plus qu’au Gabon voisin.

Proposition irréaliste ?

Une proposition jugée irréaliste par le gouvernement, notamment par le ministre du Travail, Grégoire Owona, qui a préféré rappeler que le smig, dont la dernière augmentation, de 30 %, est intervenue en juillet 2014, se fixait « en fonction [du] niveau de développement, de la capacité des entreprises et du milieu économique ambiant ».

En d’autres termes, le Cameroun n’en aurait pas les moyens. Alors, simple effet d’annonce du SDF ? Coup de com de campagne ? Ou énorme coup de pouce au pouvoir d’achat ?

DOM

C’est à peine de quoi se payer une petite chambre, la nourriture et le taxi

L’augmentation du smig est également au programme du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, de Maurice Kamto. Ce dernier suggère de le porter à 55 000 F CFA (76 euros) – l’équivalent du salaire minimum en RD Congo, « augmentation pouvant être revue à la hausse à moyen terme, en fonction de l’accroissement de la richesse nationale », argumente Kamto.

« C’est à peine de quoi se payer une petite chambre, la nourriture et le taxi, alors comment assume-t-on les dépenses de santé ou d’éducation avec un tel salaire ? » s’inquiète un habitant de Yaoundé.

Entre prudence budgétaire et annonce choc en faveur de la consommation, les Camerounais devraient pouvoir trancher, en octobre, dans les urnes.

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