Hauts dirigeants

Xavier Lenclud (LafargeHolcim Algérie) : « Les cadres locaux connaissent mieux la culture et les besoins du pays. »

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Patron depuis peu de la plus grande cimenterie LafargeHolcim en Algérie, le Français forme déjà son successeur qui sera un ingénieur issu du pays.

Xavier Lenclud est le nouveau directeur de l’usine LafargeHolcim installée à Hammam Dalaâ, dans la wilaya de M’sila. Cet ingénieur français de 49 ans, qui occupait jusque-là le poste de responsable de production, a pris les rênes de la cimenterie au printemps. Une belle promotion pour celui qui boucle sa 22e année au sein du groupe. Sa connaissance du terrain algérien et des rouages de l’entreprise ont joué en sa faveur. « Je suis arrivé en 2012 à M’sila pour prendre le poste de responsable performance de l’usine. En 2015, j’ai pris la tête du service de production. Je connais tout le monde ici, de l’opérateur aux cadres. Je suis parfaitement intégré », dit-il en souriant.

500 salariés

C’est un défi de taille pour ce diplômé de l’École nationale supérieure des industries chimiques (Ensic) à Nancy, car la cimenterie de M’sila est la plus grande du pays. À elle seule, elle couvre 25 % de la demande nationale. « Nous avons une capacité de production de 5,2 millions de tonnes de ciment par an, ce qui est cinq fois plus qu’une usine en Europe. C’est une autre échelle », s’enthousiasme le nouveau patron du site. Alors qu’il dirigeait une équipe d’une vingtaine de membres dans le département de production, Xavier Lenclud a désormais sous ses ordres 500 salariés et 800 sous-traitants permanents. Sans compter plusieurs milliers d’emplois indirects. « Nous sommes le premier employeur de la région », assure-t-il.

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Attirer et retenir les talents

Nous recrutons et formons dès aujourd’hui les directeurs de demain. »

Sa priorité est « de faire grandir les compétences de manière accélérée. Avant, il y avait beaucoup d’expatriés, mais maintenant on réduit leur nombre. Dans quelques années, il y aura 100 % de cadres algériens dans l’usine. C’est important pour que le site soit davantage efficace, car les cadres locaux connaissent mieux la culture et les besoins du pays. » Mais, en Algérie, ces profils sont rares et très sollicités. « Le challenge, c’est de réussir à attirer et garder ces talents. La cimenterie, c’est une industrie lourde. Ils peuvent être séduits par d’autres secteurs », reconnaît Xavier Lenclud. Pour cela, il a recours aux outils de ressources humaines développés par le cimentier franco-suisse, qui permettent de détecter les potentiels et de les faire progresser. « Il faut anticiper les plans de succession. Nous recrutons et formons dès aujourd’hui les directeurs de demain », affirme-t-il.

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Succession

Son propre successeur a d’ailleurs été déjà identifié et il s’agit d’un ingénieur algérien. « Cela fait partie de mon rôle que de le former. Dans notre approche, il y a une dimension liée au terrain, une formation théorique avec des cours de management et des missions de courte durée dans d’autres usines », précise Xavier Lenclud. Et d’ajouter : « Je suis un responsable qui construit une équipe compétente dans la durée. On ne peut pas se permettre d’avoir une vision à court terme dans une cimenterie. J’ai eu l’honneur de créer une équipe de jeunes ingénieurs procédé il y a six ans, et maintenant je suis fier de les voir prendre des postes clés de l’usine. En Europe, ils auraient décroché ces postes au bout de dix années, ici ils peuvent être promus au bout de trois ans. » Sa méthode de management s’appuie sur une relation de proximité. « Ma façon de travailler n’a pas changé. Je reste accessible à tous. C’est important en Algérie d’être à l’écoute et de faire du coaching au quotidien, car il y a une forte demande de connaissances », conclut-il.

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