Politique

Sénégal : Soham El Wardini, à la tête de la mairie de Dakar en l’absence de Khalifa Sall

Chaque semaine, Soham El Wardini rend visite à son mentor à la prison de Rebeuss. © Sylvain Cherkaoui pour JA.

En l’absence de Khalifa Sall, incarcéré depuis mars 2017 et dont le procès en appel s’est ouvert le 9 juillet, c’est sa première adjointe, Soham El Wardini, qui tient les rênes de la capitale.

« Je n’assisterai pas aux audiences en appel. J’ai tellement pleuré lors du premier procès en entendant les critiques proférées contre le maire par les avocats de l’État du Sénégal. » Soham El Wardini a donc choisi de rester dans son bureau de l’hôtel de ville, le 9 juillet, à l’ouverture du nouveau procès de Khalifa Sall, condamné en avril 2017 à cinq ans de prison, notamment pour escroquerie aux deniers publics.


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Depuis 2014, cet ex-professeur d’anglais est la première adjointe au maire de Dakar. Disposant de cinq délégations de signature, elle expédie les affaires courantes en l’absence de son mentor, incarcéré depuis mars 2017. Elle le rencontre une fois par semaine à la prison de Rebeuss.

« C’est lui qui administre la capitale depuis sa cellule, résume un de ses proches. Il traite tous les grands dossiers, admet Soham El Wardini. Il avait préparé l’équipe à fonctionner en son absence, car il voyageait beaucoup. »

2014, la consécration

Née dans un petit village proche de Kaolack, Soham El Wardini, 65 ans, fille d’un père libanais et d’une mère sénégalaise, est une « Saloum-Saloum ». En 1999, alors que cette ancienne dauphine du concours Miss Sénégambie vient de divorcer, elle entre en politique « pour combler le vide ». C’est tout naturellement qu’elle rallie le dissident socialiste Moustapha Niasse, originaire comme elle du bassin arachidier, qui vient de créer l’Alliance des forces de progrès (AFP) : « Au Sénégal, les gens se lancent en politique par sentimentalisme. »

J’ai découvert un véritable homme d’État », se souvient-elle, en parlant de Khalifa Sall

Secrétaire générale de la commune de Mermoz-Sacré-Cœur, à Dakar, puis présidente des femmes du département et membre du bureau politique de l’AFP, Soham El Wardini fait la connaissance de Khalifa Sall en 2009. Dans un Sénégal où Abdoulaye Wade règne en maître depuis neuf ans, celui-ci brigue la mairie de Dakar sous l’étiquette de la coalition d’opposition Benno Siggil Sénégal.

« J’ai découvert un véritable homme d’État », se souvient-elle. En 2014, Khalifa Sall obtient un nouveau mandat à la tête de la mairie de Dakar, hors de la coalition gouvernementale Benno Bokk Yakaar. Il lui propose alors le poste de première adjointe : « Je sais que tu peux le faire, on te laissera le temps de t’habituer », la rassure-t-il.

Des visites à la prison de Rebeuss

Soham El Wardini rejoint dans sa disgrâce son nouveau mentor. Comme lui, elle fait campagne début 2016 pour le non au référendum constitutionnel. L’AFP, restée fidèle à Macky Sall, ne le lui pardonne pas. « Je n’ai pas démissionné, ils ne m’ont pas exclue, mais je n’ai plus jamais remis les pieds au siège du parti. »

Il ne faut pas baisser les bras », lui a glissé Khalifa Sall au parloir

Depuis mars 2017, Soham El Wardini, comme tant d’autres collaborateurs du maire de Dakar, aura fréquenté inlassablement le parloir de Rebeuss. Toujours incrédule face à son incarcération – « on n’aurait jamais cru que ça irait jusque-là ! » –, elle garde, en guise de devise, quelques mots que Khalifa Sall lui a glissés au parloir : « Il ne faut pas baisser les bras. »

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