Sécurité

Égypte : quand Sissi verrouille l’appareil sécuritaire

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Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le 24 octobre 2017 à Paris.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le 24 octobre 2017 à Paris. © Charles Platiau/AP/SIPA

Après avoir limogé certains membres de l’appareil sécuritaire, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a choisi de les remplacer par des fidèles.

Le 14 juin, les nouveaux ministres égyptiens de la Défense et de l’Intérieur prêtaient serment devant le président Sissi. Mohamed Zaki, chef de la garde républicaine depuis août 2012, remplace désormais le général Sedki Sobhi à la Défense. Mahmoud Tawfik, président de la sécurité nationale, succède, de son côté, à Magdi Abdel Ghaffar à l’Intérieur. Proche de Sissi, dont il assurait jusque-là la sécurité, Mohamed Zaki est l’officier qui a exécuté l’ordre d’arrestation de l’ancien président Mohamed Morsi, déchu en 2013.

Ces mouvements s’inscrivent dans une vaste opération de remaniement de l’appareil sécuritaire amorcée par le président égyptien il y a plusieurs mois, et qui a vu notamment le limogeage du chef d’état-major et du directeur des renseignements généraux en octobre 2017.

Une stratégie avant la présidentielle ?

Une instabilité qui interroge au vu des défis sécuritaires auxquels est confrontée l’Égypte, notamment dans le Sinaï. Le président-maréchal tenterait ainsi de placer un maximum de fidèles aux postes clés de la sécurité égyptienne.

Sissi essaye de garantir autant que possible un soutien sans faille de son appareil sécuritaire, indique Bahey Eldin Hassan

Interrogé à ce sujet par Jeune Afrique, Bahey Eldin Hassan, directeur de l’Institut du Caire pour les droits de l’homme, livre son analyse : « Avant l’élection présidentielle, Abdel Fattah al-Sissi a essayé d’amender la Constitution afin de ne pas avoir à se représenter pour rester à la tête du pays [et ainsi ouvrir la voie à une présidence à vie, NDLR]. Mais il a échoué. La plus forte opposition, il l’a rencontrée au sein même de l’appareil sécuritaire du régime. Dès qu’il a été élu, Sissi a donc poursuivi sa purge au sein de l’armée. Il essaye ainsi de garantir autant que possible un soutien sans faille de son appareil sécuritaire. »

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