Société
Manifestation à Al Hoceima en soutien à Nasser Zefzafi, leader de la contestation rifaine, retransmise en direct sur internet, le 8 juin.

Cet article est issu du dossier

Maroc : sous les claviers, la plage

Voir tout le sommaire
Culture

Maroc : la frayeur Tcharmil, ou les poignardeurs de Casa

Réservé aux abonnés
Par - à Casablanca
Mis à jour le 2 juillet 2018 à 01:22

Dans une rue de Casablanca, en 2012. © Hassan Ouazzani pour Jeune Afrique

Aujourd’hui encore, difficile de savoir s’il s’agissait d’une psychose ou d’un danger bien réel.

En 2014, le phénomène Tcharmil crée l’effroi à Casablanca. Des bandes sèment la terreur dans les rues à coups de couteaux bien aiguisés, qui rappellent ceux utilisés par des chefs ou bouchers marocains pour préparer une tcharmila (marinade à base d’herbes finement coupées pour accompagner des brochettes de viande).
Les bandes vivent de larcins quotidiens – vols à l’arraché, agressions… –, fanfaronnent sur internet, où elles exposent leur arsenal et leur butin. Des « influenceurs » web se lancent dans des dissertations sur ce Maroc à deux vitesses qui pousserait les plus précaires au crime. Sur Facebook, une page intitulée « Marche contre l’insécurité ambiante à Casa » rassemble plus de 23 000 personnes. Plus suspicieux, d’autres internautes crient au complot : le phénomène Tcharmil serait largement exagéré afin de perturber le développement de la capitale économique et d’imposer une politique sécuritaire plus autoritaire. En attendant, les forces de l’ordre procèdent à des centaines d’arrestations.