Société
Manifestation à Al Hoceima en soutien à Nasser Zefzafi, leader de la contestation rifaine, retransmise en direct sur internet, le 8 juin.

Cet article est issu du dossier

Maroc : sous les claviers, la plage

Voir tout le sommaire
Culture

Maroc : boycott contre la vie chère

Réservé aux abonnés
Par - à Casablanca
Mis à jour le 2 juillet 2018 à 01:26

Employees of the company Centrale Danone, a subsidiary of French multinational Danone, protest in front the parliament in Rabat on June 5, 2018, against the boycott of the brand in Morocco.More than a month after its launch, an unprecedented boycott campaign in Morocco against three well-known brands has revived criticism against links between the country’s business and political elite. The campaign is targeting Afriquia service stations, Sidi Ali water and Danone milk — leaders in their sectors — and calling for a drop in prices. / AFP PHOTO / Fadel SENNA © Fadel SENNA/AFP

Une première dans l’histoire du Maroc. Un appel au boycott de produits de grande consommation jugés trop chers est lancé sur Facebook.

Trois marques sont visées par la campagne numérique : le lait de la marque Centrale, les produits pétroliers des stations-service Afriquia et l’eau de source Sidi Ali. Ces entreprises symbolisent aussi pour de nombreux Marocains la collusion entre le monde des affaires et celui de la politique, ou encore une forme de néocolonialisme.
La dirigeante de la société d’eau minérale, Miriem Bensalah, était jusqu’à récemment à la tête du syndicat patronal. La holding Afriquia est détenue par Aziz Akhannouch, puissant homme d’affaires, également ministre de l’Agriculture. La Centrale Danone est quant à elle une filiale de la multinationale française. Très vite, l’appel au boycott, d’abord sous-estimé par le personnel politique, inonde la Toile. Il est même appuyé par des célébrités nationales. Le ministre des Affaires générales et de la Gouvernance, Lahcen Daoudi, est contraint de démissionner le 6 juin après avoir assisté à un sit-in organisé la veille par les ouvriers de Centrale Danone pour demander la fin du boycott. Le gouvernement et les entreprises concernées n’ont toujours pas réussi à juguler le mouvement.