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Cet article est issu du dossier «Mauritanie : bouffée d'air frais»

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Politique

Mauritanie – Bathia Mamadou Diallo : « Plus de 1 million de Mauritaniens ont adhéré à l’UPR »

Bathia Mamadou Diallo, le ministre de la Défense et président de la commission de réforme de l'Union pour le République (UPR). © Capture écran/YouTube/bellewarmedia

Affirmant avoir obtenu 1,16 million d'adhérents en quelques semaines, le ministre de la Défense et président de la commission de réforme de l'Union pour le République (UPR), Bathia Mamadou Diallo, revient pour Jeune Afrique sur cette campagne d’« enrôlement ».

Dans les salons nouakchottois, on se moque de l’Union pour la République (UPR), le parti présidentiel, qui prétend avoir obtenu, en quelques semaines, l’adhésion de 1,16 million de Mauritaniens – sur une population de moins de 4 millions d’habitants.

En tant que président de la commission de réforme de l’UPR, le ministre de la Défense, Bathia Mamadou Diallo, certifie que cette campagne d’« enrôlement » a été un réel succès et précise les évolutions voulues par le président de la République pour son parti.

Jeune Afrique : Comment se fait-il que vous, qui êtes le ministre de la Défense, soyez chargé de la réforme du parti ?

Bathia Mamadou Diallo : C’est le président qui me l’a demandé, peut-être parce que j’aime concilier. Ceux qui s’étonnent de cette mission oublient que je suis juriste.

Pourquoi Mohamed Ould Abdelaziz veut-il réformer son parti ?

C’est lui qui l’a créé, en 2009, pour qu’il l’accompagne dans son action politique. Il le voulait centriste, modéré et fondé sur nos valeurs, sur l’islam, sur l’indépendance et sur le développement économique. L’UPR est devenue le premier parti de Mauritanie. Elle dirige la quasi-totalité des conseils municipaux et demeure largement majoritaire à l’Assemblée.

Mais on s’est rendu compte que le parti ne prenait pas suffisamment en charge la politique présidentielle. Il s’est un peu endormi, ses dirigeants sont devenus une aristocratie. Le président a estimé qu’il ne s’était pas renouvelé, qu’il convenait de le redynamiser. Il a donc été décidé de créer la commission de réforme, que je préside.


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Comment se concrétise cette « redynamisation » du parti ?

Après une large consultation à laquelle ont participé les jeunes et les femmes, le diagnostic que nous avons établi nous conduit à revisiter le discours et les structures du parti. Nous changeons ses statuts et nous revoyons son mode de financement pour que son budget soit financé par ses adhérents en proportion des moyens de chacun. Enfin, nous avons lancé une campagne grâce à laquelle 1,16 million de Mauritaniens ont adhéré à l’UPR.

C’est l’« adhésion » à l’action et à la personne du président qui explique ce succès

Vraiment ? Plus de 1 million ?

Oui. Car il fallait être présent physiquement et apporter sa carte d’identité. Les gens sont venus faire la queue, et la mobilisation a dépassé nos espérances, y compris dans ma communauté négro-africaine, où l’engouement était grand.

C’est justement l’« adhésion » à l’action et à la personne du président qui explique ce succès. L’approche de la fin de son mandat fait prendre conscience de tout ce qu’il a apporté à la Mauritanie. Nous sommes un pays dirigé par un vrai chef, un pays sûr où le tourisme repart. Beaucoup ont peur de l’inconnu qui va suivre les élections et comprennent qu’il faut être là.

Comment améliorerez-vous la transparence de la vie du parti ?

Parmi les nouveaux adhérents, 750 000, que l’on peut qualifier de militants, sont en train d’être installés dans 15 000 structures de base, sous-sections et sections, qui seront coiffées par des fédérations.

Pour la première fois, la direction du parti – un président, un bureau exécutif, un conseil national – sera élue. Par ailleurs, nous créerons un organe de coordination composé du Premier ministre, du président de l’Assemblée nationale, du président du parti et de son responsable des investitures – car, autre innovation, une cellule sera responsable des investitures.

 

Mohamed Ould Abdelaziz pourrait-il devenir le président de cette UPR rénovée ?

C’est une idée dont on parle.


>>> A LIRE – Mauritanie : qui pour succéder à Mohamed Ould Abdelaziz en 2019 ?


Serez-vous prêts pour les élections législatives, municipales et régionales de septembre ?

Notre congrès se tiendra dans les prochaines semaines, et la nouvelle direction y sera élue. Les structures seront donc en place avant ces scrutins, qui promettent d’être très ouverts, l’opposition ayant annoncé sa participation.

La loi prévoit que les partis qui ne participeront pas à deux élections successives et ceux qui recueilleront moins de 1 % des suffrages exprimés aux élections locales seront supprimés

Que prévoit la loi sur les partis politiques ?

Le pays compte plus de 100 partis reconnus. Il fallait élaguer. La loi prévoit que ceux qui ne participeront pas à deux élections successives et ceux qui recueilleront moins de 1 % des suffrages exprimés aux élections locales seront supprimés.

Avez-vous désigné vos candidats à ces scrutins ?

Pas encore. Ce sera fait dans quelques semaines.

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