Politique

Gambie : Adama Barrow généreux… mais à quel point ?

Adama Barrow à Dakar le 21 janvier 2017.

Adama Barrow à Dakar le 21 janvier 2017. © AP/SIPA

En s’engageant à donner 10 % de son salaire pour le plan national de développement, le président gambien, Adama Barrow, a suscité des interrogations : mais combien gagne-t-il au juste ?

Tout est parti d’une déclaration d’Adama Barrow. Le président se trouvait à l’aéroport de Banjul, le mois dernier, de retour d’un voyage à Bruxelles, où il était allé convaincre des bailleurs de fonds de financer le développement de son pays.

Il a alors déclaré : « Quand d’autres s’engagent pour la Gambie, je saisis cette opportunité pour m’engager à donner 10 % de mon salaire pour le plan national de développement. » La mesure est forte et inattendue, alors qu’Adama Barrow revenait avec une promesse d’aide de 1,45 milliard d’euros.

10 % de quelle somme ?

Un geste généreux, mais qui invite à se poser la question : 10 % de quelle somme ? Le président ne l’indiquera pas, pas plus que sa directrice de communication, qui affirme ne pas connaître les émoluments du chef de l’État. Le bureau de l’Ombudsman, qui contrôle l’activité gouvernementale, possède ces chiffres, mais refusera lui aussi de les révéler.

Il faut dire que le salaire présidentiel a toujours été un secret bien gardé sous l’ancien régime. Yahya Jammeh, durant ses vingt-deux années au pouvoir, a veillé à ce que ce chiffre reste inconnu du grand public.

Pour trouver la réponse, il faut aller chercher dans le budget, voté par l’Assemblée nationale. Un député avait insisté lors des débats, en décembre dernier, pour qu’y figure le salaire présidentiel annuel.

Près de 300 euros à verser chaque mois…

Pour 2018, il est estimé à 2 040 000 dalasis (sans compter de nombreuses indemnités), ce qui correspond à un salaire mensuel d’environ 3 100 euros. Une somme légèrement inférieure au salaire moyen des dirigeants africains, dans un pays où plus de la moitié de la population vit au­-­dessous du seuil de pauvreté.

Adama Barrow devrait donc verser chaque mois près de 300 euros, sans que soit précisé quel pan du plan de développement cet argent devrait aider à consolider.

Le président gambien n’est pas le seul chef d’État du continent à sacrifier une partie de son salaire : le nouveau président du Liberia, George Weah, investi en début d’année, a d’emblée annoncé vouloir réduire le sien d’un quart.

Quant au Sud-Africain Cyril Ramaphosa, le dirigeant officiellement le mieux payé d’Afrique, il a déclaré son intention de faire don de la moitié de sa rémunération à la Fondation Nelson-Mandela.

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