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Cet article est issu du dossier «Mauritanie : bouffée d'air frais»

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Tourisme

Mauritanie : bilan positif pour le tourisme dans l’Adrar

Trekking dans les dunes de l’erg Ouarane. © michel Setboun/Corbis -Getty

Six mois après la reprise des randonnées dans l’Adrar, le bilan est largement positif. Et la prochaine saison s’annonce déjà prometteuse.

Après neuf ans d’absence, les vols charters ont repris entre la France et Atar, de décembre 2017 à avril 2018, après que le ministère des Affaires étrangères français a reconnu la sécurité du désert mauritanien en le faisant virer du rouge à l’orange sur sa carte des dangers mondiaux.

« Le bilan est très positif, déclare Lionel Habasque, président de Terres d’aventure. Nous avons vendu 1 000 circuits du groupe Voyageurs du monde, soit bien plus que nos engagements. Nous repartons l’an prochain. »


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« Personne n’y croyait »

Maurice Freund, président de la coopérative de Point-Voyages et cheville ouvrière de la reprise des vols, est soulagé. « J’ai beaucoup stressé. En septembre 2017, personne n’y croyait, et j’avais vendu la totalité du patrimoine de Point-Voyages pour garantir l’opération, raconte-t-il. Mais nous avons attiré 1 580 touristes. Pas une plainte, et 96 % de félicitations ! »

Il vient de signer avec Mauritania Airlines International un contrat pour faire passer de 14 à 26 le nombre de vols entre Paris et Atar. Ils seront effectués avec un Boeing 737 neuf chaque dimanche entre le 21 octobre 2018 et le 14 avril 2019. Le nombre de visiteurs devrait, lui, atteindre les 3 000.

La seule arme contre le terrorisme, cest de donner à manger à ceux qui le méritent par leur travail

« Avec le concours de la Snim, nous allons remettre en service le train du désert, qui emprunte la voie ferrée sur laquelle est acheminé le minerai de fer de la mine de Zouerate jusqu’à l’océan, explique Kadi Mehdi, cofondateur de la principale agence réceptive mauritanienne. Pour faire face à la multiplication des circuits, je forme une vingtaine de nouveaux guides, d’ex-cuisiniers qui peuvent évoluer et qui suivront une formation en français, en septembre, avec l’Alliance française. »

Il disposera alors de 30 guides, 30 cuisiniers, 4 chefs de produit et 20 chameliers. Le ravitaillement sera effectué localement, et les 50 véhicules tout-terrain seront loués sur place. « La seule arme contre le terrorisme, c’est de donner à manger à ceux qui le méritent par leur travail », conclut Kadi.


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Réserve ornithologique

À la demande du président Ould Abdelaziz, l’Adrar ne sera plus la seule wilaya à profiter de cette relance. « Tous les acteurs de la reprise des vols et des circuits sont satisfaits », commente Naha Mint Mouknass, ex-ministre du Tourisme (devenue ministre des Affaires sociales lors du remaniement du 11 juin), qui a beaucoup œuvré pour le retour des charters.

Le tourisme pourrait être un piliers de notre économie

« On assiste au vrai démarrage du tourisme mauritanien. Il va s’étendre au Tagant, riche en peintures rupestres et où la guelta de Matmata héberge des crocodiles. Il se renforcera avec le train du désert entre Atar et Zouerate. Et nous projetons de développer l’accueil dans le parc du banc d’Arguin – où nous voulons attirer les visiteurs pour un festival dans quelques mois –, mais aussi dans la réserve ornithologique de l’embouchure du fleuve Sénégal, ou encore dans le Sud, avec la chasse au phacochère. »

Le secteur a été délaissé par les professionnels en raison des risques sécuritaires, aujourd’hui disparus. Les compétences comme les hébergements manquent. « Il faut amener les Mauritaniens à y croire, conclut Naha Mint Mouknass, mais j’ai la conviction que le tourisme pourrait être un des piliers de notre économie. Ce sera un travail de longue haleine. »

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