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Cet article est issu du dossier «Mauritanie : bouffée d'air frais»

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Diplomatie

La Mauritanie sur le devant de la scène

Routes rénovées, trottoirs bitumés, éclairage public renforcé& Nouakchott a eu droit à quelques aménagements. © Fotolia

La capitale a accueilli, les 1er et 2 juillet, le 31e sommet de l’Union africaine. Préparatifs, coulisses et petits à-côtés de ce grand rendez-vous.

Au milieu du désert, aux abords de l’aéroport de Nouakchott-Oumtounsy, les pelleteuses s’activent depuis plusieurs mois. Afin d’être en mesure d’accueillir le 31e sommet de l’Union africaine les 1er et 2 juillet – ainsi que les réunions ministérielles, qui commenceront le 25 juin –, l’État mauritanien, qui n’a jamais organisé un tel événement, a dû engager des travaux. Il a fallu bâtir un centre de conférences, qui accueillera les 5 000 participants, ainsi que 120 villas, destinées à l’hébergement des délégations des 35 présidents attendus. Un marché obtenu par le groupe mauritanien CDI, dirigé par Zine El Abidine Ould Mohamed Mahmoud.

D’importantes mesures de sécurité sont également prises en prévision de ce grand rendez-vous panafricain. Selon nos sources, au palais présidentiel, le chef de l’État, Mohamed Ould Abdelaziz, pilote quotidiennement une réunion conjointe des trois corps de l’armée sur ce sujet. La capitale, qui compte désormais le double de trottoirs et davantage d’éclairage public, sera quadrillée pendant quarante-huit heures.


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La Mauritanie veut à tout prix éviter de revivre le fiasco du sommet de la Ligue arabe qu’elle avait organisé en juillet 2016 et qui n’avait pas du tout eu le succès escompté. Seuls 6 chefs d’État sur 22 avaient fait le déplacement : un véritable camouflet pour « Aziz », qui avait pourtant déboursé 30 millions de dollars (près de 27 millions d’euros) pour financer les travaux de rénovation des routes de Nouakchott et du Palais des congrès.

Double enjeu diplomatique

L’enjeu diplomatique est double pour Mohamed Ould Abdelaziz, à un an de la fin de son mandat – réélu en juillet 2014, il a réitéré dans une interview à JA son engagement à ne pas être candidat en 2019.

En effet, le président mauritanien accueillera également son homologue français, Emmanuel Macron, en visite officielle à Nouakchott les 2 et 3 juillet, la première d’un chef d’État français depuis celle de Jacques Chirac, en 1997.

Motifs de frustration

Depuis plusieurs années, la Mauritanie se sentait boudée par la France et ses plus hautes autorités, qui ne se bousculaient pas pour y faire un déplacement : l’ambassadeur Joël Meyer, en poste depuis septembre 2014, n’avait cessé d’alerter Paris à ce sujet. Il a également longtemps plaidé pour que la ville de Chinguetti sorte de la zone rouge du Quai d’Orsay – ce qui fut le cas en 2017 –, dont les conseils aux voyageurs étaient jugés trop stricts par le président mauritanien.

Les relations entre Mohamed Ould Abdelaziz et François Hollande auront donc été tendues jusqu’à ce que ce dernier reçoive son homologue à Paris, en avril 2017, un mois avant la fin de son mandat.

Autre motif de frustration du président mauritanien : il s’agaçait de voir Paris attribuer tout le mérite de la lutte antiterroriste à son voisin sénégalais, Macky Sall, et sous-estimer les efforts du G5 Sahel, dont il est l’initiateur. Or, en décembre 2017, Emmanuel Macron s’est engagé à débloquer 8 millions d’euros pour cette force conjointe, une implication appréciée par Aziz.

Enfin, les patrons français s’intéressent à nouveau à la Mauritanie. Une délégation du Medef International – qui n’a pas envoyé de mission à Nouakchott depuis 2012 – y séjournera du 9 au 11 juillet. Elle sera présidée par Éric-Bastien Ballouhey, fondateur des Grands Moulins de Mauritanie, et y seront représentés essentiellement les secteurs des infrastructures, des télécoms, du BTP et du conseil.

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