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Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire : deuxième souffle»

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Tourisme

Tourisme : projets d’envergure en Côte d’Ivoire

Le Noom Hôtel Abidjan, du groupe Mangalis, a été conçu spécialement pour les voyageurs d’affaires. © DR

Les groupes internationaux rivalisent de projets pour combler le manque d’hôtels de standing dont pâtit Abidjan. Revue de détail.

La croissance soutenue du pays fait d’Abidjan un carrefour incontournable en Afrique subsaharienne. En 2016, le tourisme d’affaires a rapporté 906 milliards de F CFA (1,4 milliard d’euros) de recettes. Mais l’offre hôtelière – moins de 3 000 chambres – est loin de satisfaire les besoins.

Lors des Jeux de la Francophonie et du sommet UE-UA, les capacités d’hébergement ont vite atteint leurs limites, obligeant les organisateurs à envoyer les participants en banlieue et alentour. Et les mêmes manques sont constatés à chaque conférence, festival ou autres forums.

Projets rivaux

Bien décidés à surfer sur la vague, les groupes internationaux rivalisent de projets. Sheraton s’est associé à la Société des lagunes (SDL), dirigée par l’Ivoirien Georges Angama, pour créer un hôtel cinq étoiles de 300 chambres nécessitant 77 millions d’euros. Abou Kassam Mohamed, le PDG de la Société abidjanaise de promotions industrielles et immobilières, accélère son projet de réaliser un Mövenpick de 160 chambres en partenariat avec Bouygues et la Compagnie ivoirienne d’électricité pour 58 millions d’euros.


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Le français Accor, déjà leader avec quatre hôtels, prévoit de construire un Novotel et un appart-hôtel Adagio. Le marocain Palmeraie se prépare, lui, à bâtir un cinq-étoiles pour près de 84 millions d’euros à Abidjan. Mangalis Hôtel Group, la filiale du conglomérat panafricain Teyliom, achève son Noom Hôtel de 257 chambres pour environ 29 milliards de F CFA.

Ritz-Carlton et Kempinski suivent également de très près la capitale économique ivoirienne, où plusieurs résidences de charme sont également en train de voir le jour. Pour une montée en gamme de l’offre hôtelière d’Abidjan, qui, en plus de répondre aux manques, semble vouloir y mettre les formes.


Business, plages et concerts

Le tourisme a contribué au PIB à hauteur de 7,5 % en 2016, avec une progression moyenne de 5,4 % attendue chaque année jusqu’en 2026. L’ambition est de faire du secteur le troisième pôle de croissance du pays.

Les Ivoiriens écument régulièrement les sites paradisiaques d’Assinie, le Saint-Tropez local, ou les plages du Sud-Ouest, qui rappellent tant celles de la Corse, en France

En 2016, ses recettes ont dépassé 1 380 milliards de F CFA (2,1 milliards d’euros), dont plus de 1 200 milliards apportés par les voyageurs nationaux. Les Ivoiriens ont en effet pris goût aux loisirs. Ils écument régulièrement les sites paradisiaques d’Assinie, le Saint-Tropez local, ou les plages du Sud-Ouest, qui rappellent tant celles de la Corse, en France. De nombreux promoteurs de spectacles se sont d’ailleurs éloignés des salles et des stades pour organiser, momentanément, de grands concerts sur les plages.

Pour accompagner le mouvement, Siandou Fofana, le ministre du Tourisme, a décidé de créer deux fonds. Le premier, doté de 500 milliards de F CFA, est financé par le secteur privé en vue de mutualiser les efforts pour réaliser des infrastructures d’envergure. Le second instrument doit voir le jour d’ici à 2025, sous la forme d’un fonds souverain entièrement axé sur le développement du tourisme et disposant de 2 500 milliards de F CFA. Il permettra de garantir des prêts et emprunts destinés à financer les grands projets touristiques. Le gouvernement en a confié l’élaboration au cabinet McKinsey.

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