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Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire : deuxième souffle»

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Vie des partis

Présidentielle en Côte d’Ivoire : le parti Lider peine à trouver ses électeurs

Mamadou Koulibaly, président du Lider Le 1er juin 2011. © Olivier pour JA

Entre dissidence et échecs électoraux, le mouvement Liberté et démocratie pour la République, de Mamadou Koulibaly, est à la croisée des chemins.

Créé le 14 juillet 2011 par celui qui était alors le président de l’Assemblée nationale et, par intérim, le patron du Front patriotique ivoirien (FPI), le mouvement Liberté et démocratie pour la République (Lider) n’a jamais vraiment trouvé ses électeurs. Pourtant, quand Mamadou Koulibaly démissionne et part à la tête d’un groupe de jeunes cadres, tous les observateurs prédisent un séisme au sein du parti de Laurent Gbagbo. Mais Mamadou Koulibaly ne réussit pas à entraîner la base, restée fidèle au chef, détenu dans le Nord depuis sa chute, en avril.

En décembre, le nouveau parti enregistre son premier camouflet public. Alors qu’il présentait plusieurs candidats aux législatives, il ne remporte aucune circonscription. Pis, le président du Lider, candidat en tant que député sortant à Koumassi (Abidjan), récolte à peine 2 % des voix.


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Cinq ans plus tard, le parti peut se consoler avec l’élection d’un député à Azaguié, la circonscription natale de Koulibaly. Après le rendez-vous manqué de la présidentielle de 2015, le bilan reste bien maigre. Au point de provoquer quelques tensions au sein d’une formation structurée par et pour son fondateur.

En mars 2018 apparaissent les premiers dissidents. Certains militants ont été radiés, tandis que d’autres ralliaient la mouvance présidentielle en rejoignant l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), d’Albert Toikeusse Mabri.


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Épiphénomène

Difficile pour Monique Gbékia, la nouvelle présidente du Lider, de calmer les esprits et de rassembler les troupes. Les dissidents reprochent justement à Mamadou Koulibaly d’avoir confié les rênes du mouvement à sa protégée, au terme de ses deux mandats statuaires de trois ans.

Mamadou Koulibaly à la tête de la Côte d’Ivoire à la présidentielle 2020

L’ancienne transfuge du FPI, âgée de 50 ans, n’y voit qu’un épiphénomène. « Mon ambition est de tout faire pour que Mamadou Koulibaly, qui a été désigné candidat du Lider, soit élu à la tête de la Côte d’Ivoire à la présidentielle de 2020, martèle-t-elle. Je veux faire en sorte que le projet qu’il porte aboutisse. Il n’y a rien d’autre à faire. Tout a été déjà fait par le président depuis six ans. Je ne changerai rien. »


Une stratégie toute trouvée

À 61 ans, Mamadou Koulibaly sait que le temps commence à lui être compté. Jadis populaire, il a perdu la confiance de la base du Front populaire ivoirien (FPI), qui ne lui a jamais pardonné son départ du parti, même s’il s’est depuis réconcilié avec le chef après un long entretien à La Haye, en janvier.

Réputé pour son intelligence et son sens tactique, ce professeur d’économie a pourtant commis l’erreur idéologique de placer sa formation, Liberté et démocratie pour la République (Lider), sur la droite de l’échiquier politique ivoirien après avoir été si longtemps de l’autre côté, sous l’étiquette socialiste. De quoi perdre plus d’un fidèle. Mais dans la course à la présidentielle de 2020 – pour laquelle il a été l’un des premiers à se déclarer –, l’ex-président de l’Assemblée nationale dispose d’un soutien de poids en la personne de l’ex-chef de l’État ghanéen Jerry Rawlings, qui a mis à sa disposition son carnet d’adresses.


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Il lui reste encore à récolter des fonds. Sa stratégie, elle, est toute trouvée. Pour Mamadou Koulibaly, il suffit de capitaliser sur les frustrations des déçus d’Alassane Ouattara. Une tâche à laquelle il se consacre déjà depuis près d’un an par l’intermédiaire de son rendez-vous hebdomadaire avec les internautes : « Jeudi, c’est Koulibaly ». Ses courtes vidéos sont abondamment relayées sur les réseaux sociaux, où elles font parfois mouche – mais souvent flop.

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