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Cet article est issu du dossier «Focus : monétique, quel développement en Afrique ?»

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Finance

E-commerce : Jumia désormais maître de ses transactions

Un entrepôt du groupe, à Ikeja, dans la banlieue de Lagos. © Akintunde Akinleye/REUTERS

Le site marchand va permettre à ses clients de régler leurs achats à travers sa passerelle de paiement. Un tremplin pour son offre de services financiers.

Lancée au Nigeria au début de 2017, la solution JumiaPay fait des adeptes : « 70 % de nos clients qui utilisent JumiaPay pour la première fois y recourent à la commande suivante », commente Sami Louali, chargé de la stratégie, des relations avec les investisseurs et du développement chez Jumia.

Dans ce pays, où le groupe a démarré ses activités en 2012, le nombre de transactions émises par l’intermédiaire de cette nouvelle plateforme a été multiplié par trente depuis septembre 2017 (chiffres non communiqués). JumiaPay permet en outre d’agréger sur son compte plusieurs moyens de paiement locaux (bancaires ou en mobile money) et d’enregistrer les informations requises sur chacun d’eux.

Bientôt disponible dans 14 pays

« L’objectif est de rendre l’achat plus rapide avec une méthode de paiement sécurisée en un clic », commente Sami Louali. Jumia a désormais la main sur l’ensemble de l’expérience clientèle, y compris à l’étape, décisive, du paiement, nettement facilité. Le groupe souhaite étendre les moyens de paiement internationaux, car, actuellement, beaucoup de banques étrangères bloquent les transactions, jugées suspectes, effectuées sur le site nigérian.

Jumia, qui a dépassé en 2017 le demi-milliard de visiteurs sur sa plateforme, marche dans les pas de ses homologues américain, chinois et latino-américain qui ont déjà développé leur solution de paiement : AmazonPay, AliPay et MercadoPago. D’ici à dix-huit mois, JumiaPay sera disponible dans les quatorze pays où le groupe est présent et, dans certains d’entre eux, le paiement mobile est déjà en service avec les opérateurs MTN et Orange, actionnaires du groupe. Son adoption rapide au Nigeria a boosté les règlements en ligne.

Forte progression des prépaiements

« En un an, la part des prépaiements a triplé », souligne Sami Louali, et elle représente aujourd’hui le tiers des transactions. C’est la plus forte progression observée dans l’ensemble de ses pays d’implantation, où le règlement par cash reste l’option choisie dans 70 à 80 % des cas, exception faite du Kenya, pionnier du paiement mobile avec M-Pesa, où il compte pour 50 à 60 % des commandes.

Selon le responsable, cette hausse s’explique par la facilité d’utilisation de JumiaPay, à laquelle s’ajoute la notoriété de la plateforme d’e-commerce. « Les gens qui nous connaissent ont confiance dans la marque et ont donc plus de facilité à payer en ligne », poursuit le responsable.

Le « cashback », outil de fidélisation

Pour le client, le paiement numérique, seule option possible dans certains cas (long transit par exemple), est aussi plus sûr et plus rapide : pas besoin d’attendre le livreur en bas de chez soi avec une importante somme en cash, sans compter les délais de remboursement en l’absence de livraison ou en cas de retour de la commande, nettement raccourcis. Pour l’entreprise, les gains d’efficience opérationnelle sont évidents.

JumiaPay veut fidéliser ainsi les clients à travers le « cashback », qui permet d’obtenir du crédit pour une transaction future. Son agrégateur de paiement donnera aussi une impulsion à JumiaOne, la nouvelle plateforme de distribution de services digitaux et financiers du groupe.

L’application, lancée au Nigeria en février, permet l’achat de voix et de données mobiles ainsi que l’accès à des services de paiement de factures. Les possibilités à terme sont presque infinies : streaming vidéo et musical, vente de produits d’assurance et d’épargne, allocation de microprêts…

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