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Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire : deuxième souffle»

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Environnement

[Tribune] La géo-information, arme de protection massive de l’environnement

Par

Directeur général du Comité national de télédétection et d’information géographique (CNTIG) en Côte d’Ivoire.

Chutes d'eau de la Niawa, près du parc national de Taï, en Côte d'Ivoire. © Nabil Zorkot / REA

Nos pays, et particulièrement la Côte d’Ivoire, doivent nécessairement œuvrer à une meilleure maîtrise, entre autres, de la géo-information et des nouvelles technologies et des écosystèmes naturels, pour mieux répondre à des menaces environnementales indéniables.

Aujourd’hui plus qu’hier, les changements climatiques constituent un enjeu majeur pour tous les pays, eu égard au caractère global et transnational de leurs effets néfastes. La Côte d’Ivoire, à l’instar de la communauté internationale, a décidé de mener des actions d’atténuation et d’adaptation aux effets desdites perturbations. Les différentes sessions de la Conférence des parties (COP) ayant défini les cadres pratiques de mise en œuvre de telles initiatives, l’État de Côte d’Ivoire s’est engagé à diminuer de 28 % la production des gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

Pour obtenir un tel résultat, le pays peut s’appuyer sur les dernières technologies disponibles, à commencer par la géo-information. Cette science permet de collecter, traiter, analyser, visualiser et diffuser rapidement et efficacement les données géospatiales en utilisant la télédétection, les systèmes d’information géographique, les technologies de mesure de la terre, les drones, etc., afin de faciliter la prise de décisions, en toute connaissance de cause, sur les problématiques de développement.


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Pour aider à faire face aux menaces environnementales

Dès lors, comment la géo-information peut-elle aider à faire face aux menaces environnementales en Côte d’Ivoire ? D’abord en développant plusieurs outils géodécisionnels, susceptibles d’aider nos gouvernants à trancher de manière éclairée sur les grandes questions de développement durable. C’est dans cet objectif que le Comité national de télédétection et d’information géographique a obtenu la mise en place d’une Infrastructure nationale de données géospatiales.

Le premier obstacle : l’absence d’informations relatives aux principales composantes des actions sur l’environnement

Cette dernière doit pallier l’absence de cartographie détaillée du territoire national, qui freine l’effort de planification et limite la contribution de la population au développement du pays et à la lutte contre le changement climatique.


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Mais en quoi cette infrastructure peut-elle annihiler les menaces environnementales ? La géo-information étant une discipline qui embrasse l’ensemble des secteurs de l’économie, et la problématique du changement climatique nécessitant, elle aussi, une approche multidisciplinaire et plurisectorielle, la résolution de ce problème ne peut être obtenue sans l’apport indéniable de cette science.

Aussi l’absence d’informations relatives aux principales composantes des actions sur l’environnement (ressources naturelles, agriculture, industrie et énergie) constitue-t-elle le premier obstacle qu’il faudrait lever si nous voulons mener une lutte efficace contre les menaces que fait peser le changement climatique sur la Côte d’Ivoire et le continent en général.

Tournant décisif

Dans cette optique, un superbe rendez-vous de partage d’expériences s’organise, fin novembre, à Abidjan, avec la quatrième édition du Salon international de la géomatique, orchestré autour du thème « Les outils de résilience face aux changements climatiques ».

Nos pays doivent nécessairement œuvrer à une meilleure maîtrise, entre autres, de la géo-information et des nouvelles technologies, des écosystèmes naturels

Les professionnels de la géo-information en Afrique, mais aussi ceux des autres continents, ont plus que jamais l’obligation d’unir leurs forces et leurs compétences, de mutualiser leurs recherches pour élucider, ensemble, cette problématique mondiale.

Nos pays, et particulièrement la Côte d’Ivoire, sont arrivés à un tournant décisif. Ils doivent nécessairement œuvrer à une meilleure maîtrise, entre autres, de la géo-information et des nouvelles technologies, des écosystèmes naturels – gestion durable des forêts, des écosystèmes aquatiques et marins, et conservation de la diversité biologique – pour mieux répondre à des menaces environnementales indéniables. Il en va de notre propre survie.

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