Energies renouvelables

Face-à-face : Abderrahim El Hafidi (Onee) et Mustapha Bakkoury (Masen), un duel électrique

Eoliennes au Maroc © JA

Abderrahim El Hafidi, directeur général de l’Onee et Mustapha Bakkoury, président de Masen, se voit en rivaux par le chevauchement de leurs activités. À terme pourtant, les deux sociétés seraient complémentaires.

Le 19 avril, Abderrahim El Hafidi, 60 ans, a été confirmé au poste de directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (Onee). Lui échoit une institution en perte d’influence, lestée par les arriérés de paiement et ébranlée par l’éviction surprise, en octobre 2017, de son emblématique patron, Ali Fassi-Fihri.

Pour ne rien arranger, depuis l’avènement de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen), fondée en 2010 et dirigée par Mustapha Bakkoury, 54 ans, ses prérogatives ont peu à peu été rognées.

Perte de prérogatives

Après s’être vu confier la mise en œuvre du Plan solaire Noor, la SA à capitaux publics Masen a acquis, à partir de juin 2016, le pilotage et la gestion de l’ensemble des projets de production d’énergies renouvelables (ENR) et, par là même, assume seule l’objectif assigné par l’État de 10 000 MW de puissance installée en source ENR d’ici à 2030.

Masen a clairement pris le dessus politiquement. Malgré un démarrage poussif avec le projet Noor 1, elle est perçue comme plus agile et plus efficace »

Selon un avocat spécialisé dans les dossiers énergétiques, « Masen a clairement pris le dessus politiquement. Malgré un démarrage poussif avec le projet Noor 1, long à se concrétiser, elle est perçue par les autorités comme plus agile et plus efficace. » D’après un homologue appartenant à un autre cabinet, « l’Onee souffre de son ADN d’entreprise publique avec un statut du personnel hérité des années 1960. […] Entre les deux, il y a asymétrie en matière de gouvernance et dans la façon de structurer les projets. »

Masen plus business

Un profil plus business pour Masen renforcé par son anglophilie et incarné par le parcours de son patron dans le privé, quand l’Office rédige ses documents exclusivement en français et est dirigé par un ingénieur qui a fait toute sa carrière dans la haute administration.


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À terme, toutefois, les deux entités vont voir le chevauchement de leurs activités définitivement cesser : à Masen le développement intégré des projets de source renouvelable, à l’Onee le développement des projets non renouvelables et la gestion des réseaux. Une répartition des tâches qui leur impose de se considérer comme complémentaires plutôt que comme rivaux.

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