Politique

Infographie : le profil type des ministres en Tunisie, au Maroc et en Algérie

Youssef Chahed, chef du gouvernement tunisien, juste avant d'obtenir le vote de confiance pour son second gouvernement (à g. Mohamed Naceur). A Tunis, le 11 septembre 2017 © Hassene Dridi/AP/SIPA

Crise politique en Tunisie, troubles sociaux au Maroc et avis de turbulences en Algérie : les gouvernements au Maghreb semblent ces jours-ci bien fragiles.

En Tunisie, le ministre de l’Intérieur a été limogé le 6 juin après le naufrage d’une embarcation au large de Kerkennah, qui a causé la mort de dizaines de candidats à l’immigration.

En Algérie, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a vu son projet de loi de finances rectificative vidé de sa substance par le président, Abdelaziz Bouteflika, énième humiliation d’un chef de gouvernement dont la légitimité a du plomb dans l’aile.

Au Maroc, la gestion du boycott met en difficulté le gouvernement El Othmani : il peine à stopper un mouvement social inédit, preuve du malaise de la classe moyenne.

Profil type

Ici et là, à quoi pourraient ressembler de nouveaux gouvernements ? Les données compilées par Jeune Afrique à partir des sources officielles au Maroc, en Algérie et en Tunisie sont formelles : pour être ministre au Maghreb, mieux vaut être un homme de 57 ans issu du secteur public. Sur les 75 CV épluchés – le classement exclut les secrétaires d’État –, 41 affichent une longue expérience dans l’administration ou dans des organismes d’État.

Mention spéciale pour l’Algérie, où le gouvernement compte 28 membres, dont 22 – Premier ministre compris – n’ont jamais travaillé dans le privé. Le Maroc affiche le profil le plus business friendly : huit ministres ont connu l’entreprise.

Autant qu’en Tunisie, où l’on trouve aussi les ministres les plus jeunes. À 37 ans, Majdouline Cherni veille sur la jeunesse et les sports. De trois ans son aîné, Lyed Dahmani, lui, porte la parole du gouvernement.

Les doyens siègent au gouvernement du voisin algérien : le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi (76 ans), et le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah (78 ans), lequel est en poste depuis quatorze ans. Mais l’Algérie peut se targuer d’avoir quatre femmes ministres, contre trois en Tunisie et une seule au Maroc.

JA

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