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Cet article est issu du dossier «Emmanuel Macron et la Françafrique»

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Sécurité

Sahel : vers une africanisation de la guerre

Rendant visite, avec le président malien, aux troupes de l’opération Barkhane, en mai 2017, dans la région de Gao.

Rendant visite, avec le président malien, aux troupes de l’opération Barkhane, en mai 2017, dans la région de Gao. © christophe petit tesson/pool/REA

Les africains doivent assurer leur sécurité eux-mêmes, répètent successivement les chefs d’état français. Mais qu’en est-il dans les faits ?

Moins d’une semaine après son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron s’était envolé pour Gao, dans le nord du Mali, où se trouve la plus importante base de l’opération Barkhane. Un signal fort à l’adresse des militaires français en « opex » (opération extérieure), auquel s’était associé Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), son hôte malien. « La France est engagée depuis le début à vos côtés, et je suis venu vous dire de manière très claire qu’elle continuera de l’être, avait-il déclaré à IBK. Sa détermination à assurer la sécurité du Mali et, au-delà, de tout le Sahel sera totale. »

Comme François Hollande avant lui, il ne cesse de répéter que les pays africains doivent assurer eux-mêmes leur sécurité. Un vœu pieux, mais surtout pragmatique. Depuis le déclenchement de l’opération Serval, en janvier 2013, la « bande sahélo-­saharienne », comme l’appellent les officiers français, s’apparente de plus en plus à un bourbier pour leurs troupes, engagées dans une lutte sans fin contre les groupes jihadistes locaux.

La France n’a pas vocation à rester ad vitam aeternam dans la région, ce n’est pas bon pour notre image, estime un responsable

D’abord accueillis en héros à Tombouctou ou à Gao, les soldats de l’ancienne puissance coloniale sont aujourd’hui souvent perçus comme une force d’occupation. « La France n’a pas vocation à rester ad vitam aeternam dans la région, ce n’est pas bon pour notre image, estime un responsable à Paris. De plus nous y perdons de l’argent et des hommes. »

De Bamako à New York en passant par La Celle-Saint-Cloud, en région parisienne, Emmanuel Macron a multiplié les rencontres avec ses pairs sahéliens. Parallèlement, la diplomatie française a activé ses réseaux pour tenter de trouver des financements. Outre l’Union européenne, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont contribué au budget de lancement de cette force pour plus de 400 millions d’euros.

Un soutien à la Force multinationale mixte

Cette guerre interminable aux confins sahariens, Macron n’entend pas la mener seul et attend un soutien accru de ses partenaires européens, en particulier de l’Allemagne – laquelle a déjà accru son engagement au sein de la Minusma (la mission onusienne au Mali) en envoyant près de mille hommes et plusieurs hélicoptères. Il l’avait dit à Gao et l’a souvent répété depuis : il souhaite « faire davantage » avec Berlin et l’Europe.

La France de Macron poursuit en outre son soutien à la Force multinationale mixte (FMM), qui lutte contre Boko Haram dans la région du lac Tchad, notamment en matière de renseignement. Elle suit aussi avec attention l’évolution de la situation politique et sécuritaire en Libye. En juillet 2017 à La Celle-Saint-Cloud, le chef de l’État français avait tenté une médiation entre Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar, les frères ennemis libyens. Sans succès pour l’instant.

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