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Cet article est issu du dossier «Sénégal : neuf mois pour convaincre»

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Vie des partis

Malick Gakou : « Macky Sall a fait exploser la dette du Sénégal »

Rencontre avec Malick Gakou, président du Grand Parti et candidat aux élections présidentielles du Senegal à Dakar le 28 mars 2018.© Sylvain Cherkaoui/Cosmos pour JA © Sylvain Cherkaoui/Cosmos pour JA

L'opposant sénégalais, président du Grand Parti, se veut le « candidat de l'espoir » lors de la prochaine présidentielle. Il juge sévèrement le bilan de Macky Sall, dont il fut ministre, et assure que la côte de popularité du président sénégalais est au plus bas.

Pour le Grand Parti, qu’il a fondé en 2015, il sera le « candidat de l’espoir » à la prochaine présidentielle : celui, notamment, des milieux populaires et de la banlieue dakaroise, dont lui-même est originaire.

Ancien ministre de Macky Sall (avant de rendre son tablier), ex-numéro 2 du parti de Moustapha Niasse (avant d’être mis à la porte pour avoir contesté son alliance avec le chef de l’État), Malick Gakou est devenu l’un des leaders emblématiques d’une opposition qui veut croire en ses chances, malgré un maigre score aux législatives de 2017.

Une union des grands partis d’opposition ne serait pas opportune pour la présidentielle

Jeune Afrique : Les grands partis d’opposition comptent-ils présenter une candidature unique en 2019 ?

Malick Gakou : L’analyse faite par la plupart d’entre nous est que, contrairement aux législatives, une telle union ne serait pas opportune pour la présidentielle. Nous avons donc retenu le principe d’une pluralité des candidatures. Une présidentielle, c’est une rencontre entre un homme et son peuple.


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Cela ne risque-t-il pas d’empêcher l’opposition d’accéder au second tour face à Macky Sall ?

La coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar s’est affaiblie au cours des dernières années. D’un côté, les militants socialistes qui soutiennent Khalifa Sall se sont ralliés à l’opposition. De l’autre, de nombreux cadres et militants de mon ancien parti, l’Alliance des forces de progrès (AFP), m’ont rejoint.

De 65 % des suffrages lors de la présidentielle de 2012, Macky Sall est tombé à 49 % aux législatives de 2017. L’électorat cumulé des régions de Dakar, Thiès, Diourbel et Kaolack représente près de 70 % de l’électorat sénégalais. Or, dans ces quatre bastions, Macky Sall ne peut espérer obtenir plus de 35 % des voix. Il est donc quasi impossible qu’il soit élu dès le premier tour.

L’opposition se focalise depuis des mois sur l’appartenance du ministre de l’Intérieur au parti présidentiel. Quel est le problème ?

Le postulat de base du combat que nous avions mené en 2012 avec Macky Sall, c’était que plus jamais un ministre de l’Intérieur ne devait être chargé de l’organisation des élections, car cela provoque une défiance quant au respect des règles du jeu. C’est pourquoi, en 2012, une personnalité non partisane s’est vu attribuer un ministère spécialement chargé des élections.

Nous demandons donc que le chef de l’État, en concertation avec l’opposition, confie l’organisation du scrutin à une personnalité ou à une structure neutre.


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Nous attendions de Macky Sall qu’il nous apporte la lumière, il s’est contenté d’allumer une bougie.

Vous multipliez les reproches concernant le bilan de Macky Sall. En quoi, selon vous, a-t-il démérité ?

Je vous répondrai en tant que docteur en économie, spécialiste des politiques de développement. Macky Sall a fait exploser la dette du Sénégal. Plus il lance de projets d’infrastructures, dans le cadre du PSE, plus les Sénégalais s’appauvrissent.

Les jeunes n’ont pas d’avenir, l’agriculture est en jachère, et les principaux atouts du Sénégal – la pêche et le tourisme, notamment – sont loin d’« émerger » ! Seuls les investisseurs étrangers s’y retrouvent. Nous attendions de Macky Sall qu’il nous apporte la lumière, il s’est contenté d’allumer une bougie.

Pourquoi ne voit-on pas émerger de challenger ?

Pourquoi l’opposition devrait-elle se ranger derrière quelqu’un ? Et qui disposerait de la légitimité suffisante pour jouer un tel rôle , aujourd’hui, au Sénégal on assiste à une recomposition – notamment générationnelle – de la classe politique. Ces nouveaux leaderships témoignent de notre vitalité démocratique. Laissons-leur le temps de s’affirmer.

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