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Cet article est issu du dossier «Sénégal : neuf mois pour convaincre»

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Culture

Sénégal-Stylisme : l’univers décalé de Selly Raby Kane

Selly Raby Kane, styliste sénégalaise, a choisi le quartier de Sacré-CSur III pour installer le tout premier espace dédié à sa marque, SRK. © Sylvain Cherkaoui/Cosmos pour JA

Selly Raby Kane, styliste sénégalaise, a choisi le quartier de Sacré-CSur III pour installer le tout premier espace dédié à sa marque, SRK.

Coiffure afro stylisée et large sourire aux lèvres, Selly Raby Kane commence par faire le tour du propriétaire. Au rez-de-chaussée, dans une pièce taguée du sol au plafond, sont disposées les pièces griffées SRK – la marque qu’elle a créée. Il y a là les incontournables de la styliste, à l’image de ses kimonos sertis de motifs de crevettes, qui ont fait succomber la star de R’n’B’ Beyoncé, en 2016. « Nous en vendons désormais au Nigeria, aux États-Unis, en Italie, en France… », précise-t-elle.

Car la jeune femme, qui avoisine la trentaine, a aujourd’hui le vent en poupe. Ses créations s’arrachent comme des petits pains dans des boutiques chics de Paris ou de New York. Le résultat d’une histoire atypique, qui l’a menée à délaisser ses études de droit en France pour se consacrer à la mode. « Pendant un été, je m’étais amusée à concevoir ma première collection, se rappelle-t-elle. Et j’ai eu envie de recommencer chaque été. Sciences-Po, les grandes écoles… Ce n’est pas fait pour moi », assure la Sénégalaise.

C’est un endroit fascinant, presque anachronique, où les traditions n’entrent pas en conflit avec la modernité

En mal du pays, Selly décide alors de tenter sa chance à Dakar. « Je suis profondément attachée à ma ville, explique-t-elle. C’est un endroit fascinant, presque anachronique, où les traditions n’entrent pas en conflit avec la modernité. » L’occasion aussi pour elle de plonger dans le Dakar alternatif, en rejoignant le collectif Les Petites Pierres, où se mêlent alors des artistes de tout poil. « L’idée était de s’ouvrir à tous les formats, dans une optique transdisciplinaire. »

Défilé futuriste

Une démarche à laquelle elle restera fidèle lors de la présentation, en 2012, de son premier défilé « Alien Cartoon » à la gare centrale de Dakar. Plasticiens, stylistes, beatmakers et figurants sont alors appelés à mimer l’invasion de la capitale sénégalaise par des extraterrestres. « C’est un moment de synthèse entre tout ce qui m’influence, notamment ma ville et les films fantastiques », note-t-elle.

 J’aime être en contact constant avec d’autres créateurs

À l’étage du show-room, sur une grande terrasse aux allures de bric-à-brac, d’étranges bestioles à l’aspect inquiétant se promènent le long des murs. L’endroit, qui a été baptisé « Muss du Tux » (« Les chats ne fument pas »), accueille six artistes sénégalais, dont trois en résidence. « J’aime être en contact constant avec d’autres créateurs, qui tentent de repousser les limites dans leurs domaines respectifs, explique-t-elle. Des gens qui s’intéressent à des choses spéculatives, qui interrogent la ville, son devenir et ses habitants. »


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Dans une pièce adjacente à la terrasse, deux tailleurs s’attellent à la confection de pièces à partir des croquis de la styliste. « La prochaine collection printemps-été 2018 s’intitulera ”Pichkari”, précise Selly. C’est le nom d’une fleur originaire de l’Afrique de l’Ouest, qui peut se montrer très résistante. Elle en a besoin pour survivre et créer son propre espace. » Le résumé, en somme, du parcours de Selly Raby Kane, animée semble-t-il, avant tout, par le désir d’exprimer pleinement sa singularité.

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