Enquête

Tunisie : la fuite des cerveaux s’accélère

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Sous l’effet d’une conjonction de facteurs, la fuite des cerveaux vers des pays offrant de meilleures perspectives d’avenir va s’accentuant. Enquête.

« Quitter, est-ce trahir ? » s’interroge Nadia Zargouni, 16 ans, qui a remporté, en partant du thème de l’expatriation, le concours d’éloquence – ouvert aux lycéens – organisé par l’Institut des hautes études commerciales (HEC) de Carthage, en avril.

Nadia, qui projette de faire ses études à l’étranger, sait combien le sujet du départ des compétences préoccupe la société tunisienne. « On a tous dans notre entourage des jeunes qui sont partis pour faire carrière. Certains optent même pour des écoles et des filières tunisiennes qui débouchent sur des recrutements à l’étranger », explique Aymen, étudiant en informatique.

« Fuite des cerveaux »

Selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de novembre 2017, 95 000 Tunisiens ont choisi, depuis la chute du régime de Ben Ali, en 2011, de faire leur vie ailleurs, dont 84 % en Europe.

Il s’agit principalement de diplômés de haut niveau tentés par des perspectives d’avenir plus prometteuses que celles que leur propose la Tunisie. La tendance est mondiale, et le phénomène naturel pour un pays en crise et en mutation, estime le gouvernement, qui rappelle que la Tunisie a connu d’autres vagues de départs, notamment lors de la crise économique de 1986.

À l’expression « fuite des cerveaux », Slim Khalbouss, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, préfère celle de « mobilité des compétences » et se demande comment juguler ce phénomène « face à l’attractivité des marchés de l’emploi internationaux ».

Après les ingénieurs, notamment en informatique, et les enseignants-­chercheurs, les médecins constituent le plus gros des contingents de ces nouveaux migrants. Et Nezih Zghal, secrétaire général de l’Ordre national des médecins, de tirer la sonnette d’alarme sur l’exode des praticiens.


>>> À LIRE – Tunisie : le grand exode des médecins


Il en va de même pour les ingénieurs, si bien que le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) peine à recruter. Mohamed Jaoua, directeur de l’Esprit School of Business, propose, pour pallier cette pénurie, de puiser dans le vivier des étudiants subsahariens en quête de stages et souligne que, de pays de départ, la Tunisie est aussi devenue un pays de destination, avec des flux en provenance du Sud.

Une solution qui exige aussi une évolution des mentalités : car, paradoxalement, la Tunisie, qui cherche sa place à l’international, peine à intégrer des compétences étrangères, voire à garder celles qu’elle a formées. Certains estiment qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, la mobilité étant dans l’ordre des choses. Soit. Mais les candidats au départ dénoncent surtout des conditions de vie en deçà de leurs attentes.

J’ai trimé pendant dix ans pour être confrontée aux mandarins des hôpitaux publics sans pouvoir exercer correctement

« J’ai trimé pendant dix ans pour être confrontée aux mandarins des hôpitaux publics sans pouvoir exercer correctement ma spécialité et sans aucune perspective d’avenir », assène une ancienne radiologue de l’hôpital Charles-Nicolle, à Tunis, en poste depuis janvier à Grenoble.

Selon l’Association des Tunisiens des grandes écoles (Atuge), un départ sur trois est motivé par la situation du pays et par une dégradation de la confiance. Ceux qui étaient revenus en 2011 pour des raisons inverses – ils pensaient que la révolution allait assainir le pays et ouvrir des perspectives – ont été très vite échaudés par la bureaucratie et la corruption, et sont repartis tout en clamant leur attachement à la Tunisie.

La crise économique, un système inchangé, la dévaluation du dinar, les conditions salariales ont miné mon enthousiasme

« La crise économique, un système inchangé, la dévaluation du dinar, les conditions salariales ont miné mon enthousiasme. En revenant d’Allemagne, en 2012, j’étais porteur d’un projet, mais je me suis heurté à une telle inertie que j’ai préféré épargner mon énergie », explique Kays, chimiste, qui a choisi le Maroc pour l’avenir de ses enfants et les possibilités offertes par l’industrie pharmaceutique.

Les motifs financiers sont aussi déterminants. « Un ingénieur en début de carrière touche 800 dinars [environ 270 euros] en Tunisie et aura d’entrée de jeu 3 000 euros en France », note Mondher Khanfir, spécialiste en innovation et en business development. De même que le salaire d’un enseignant universitaire – 2 000 à 3 000 dinars – sera multiplié par quatre dans un pays arabe.

Possibilité de reconversion

La tendance à l’exode et son accélération ces dernières années sont notables, même s’il est, selon Samar Louati-Razgallah, présidente de l’Atuge, « difficile de s’accorder sur les chiffres ». Le gouvernement, qui dénombre 17 500 Tunisiens évoluant à l’étranger dans le cadre de la coopération technique internationale, récuse les 95 000 départs depuis 2011 annoncés par l’OCDE, mais il lui est néanmoins difficile de quantifier cette migration puisque les départs ne sont pas assortis d’une déclaration.

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La part de jeunes médecins à s’être exilés est passée de 9 % en 2012 à 45 % en 2017

« La part de jeunes médecins à s’être exilés est passée de 9 % en 2012 à 45 % en 2017. Le mouvement s’est accéléré à partir de 2014. Et concerne désormais des médecins expérimentés, qui prennent le chemin des pays du Golfe ou celui du privé, car l’État est incapable de les payer convenablement », explique Nezih Zghal. Ils seraient, bon an mal an, entre 200 et 300 médecins spécialistes et plus de 1 500 ingénieurs à quitter le pays, principalement pour la France, l’Allemagne ou le Canada.


>>> À LIRE – En chiffres : la mobilité France-Tunisie, preuve des « liens inextricables » entre les deux pays


« Ceux qui ont de l’expérience négocient leurs compétences dans les pays du Golfe, mais, depuis 2011, le Maroc est devenu une destination prisée des patrons de PME tunisiens qui ont choisi de délocaliser, tandis que l’Algérie accueille des agences de communication et des graphistes », précise l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE), qui recense 1,2 million de nationaux expatriés, dont 7 % de cadres supérieurs.

Migrer offre aussi à certains une possibilité de reconversion. C’est le cas assez atypique d’Anys Fatnassi, fondateur de l’association Harrouss, The Smart Migrant (« le migrant intelligent »). Après des études de comptabilité qui ne l’enchantaient guère, il s’est installé en Chine pour se spécialiser en gestion de la chaîne logistique (supply chain). Une expertise qui l’a conduit à exercer dans ce secteur pour le compte de la Croix-Rouge, au Kenya. Son sens de l’initiative et de la mobilité lui a permis de se forger une carrière dans la logistique, mais la grande majorité des exilés partent dans le cadre d’une immigration choisie décidée par les pays d’accueil en fonction des besoins du marché de l’emploi.

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15 % à 18 % des migrants venus du Maghreb et vivant dans les pays de l’OCDE ont un niveau universitaire

Si bien que 15 % à 18 % des migrants venus du Maghreb et vivant dans les pays de l’OCDE ont un niveau universitaire. L’augmentation de la demande et des flux tendus dans le digital, le blockchain, la numérisation et l’intelligence artificielle en Europe profitent aux ingénieurs. Ils sont recrutés par l’intermédiaire d’annonces sur les sites spécialisés, de contacts avec les écoles ou, à travers les réseaux sociaux, par des entreprises ou des chasseurs de têtes qui mènent, le temps d’un week-end, des batteries d’entretiens pour cibler les candidats, avec à la clé un contrat de trois ans en bonne et due forme.

Aspects positifs

« En France, on ne dit pas qu’on recrute un bon informaticien, mais “un Tunisien”, en raison de notre excellente réputation en informatique et d’une aisance avec les algorithmes », souligne Mondher Khanfir.

Pour les médecins, « réussir un concours d’équivalence ou plus précisément une épreuve de vérification des connaissances permet aux Tunisiens de travailler en France, laquelle recrute en radiologie, en anesthésie-réanimation et en dermatologie. Dans certains cas, l’accord du chef de service en France permet une embauche pour deux ans », précise le dermatologue Moez Ben Salem, qui déplore certains départs, comme celui de l’ancien doyen de la faculté de médecine de Tunis, Ahmed Maherzi, parti s’installer au Canada après avoir été humilié par la police à la suite d’une plainte injustifiée déposée par une étudiante dont la mutation à Tunis avait été refusée.

L’exode concerne aussi les enseignants-chercheurs, qui, après une expérience en Tunisie, profitent des offres des universités dans les pays arabes pour donner du poids à leur carrière et accéder à de meilleures conditions de travail en matière de recherche.

Les compétences peuvent devenir un pont entre la Tunisie et les pays où elles résident

Si les autorités relativisent l’ampleur des départs, elles reconnaissent, comme Mohamed Trabelsi, ministre des Affaires sociales, que « les compétences peuvent devenir un pont entre la Tunisie et les pays où elles résident. Ces experts peuvent représenter leur pays à l’étranger et contribuer à l’économie nationale ».

À l'université Tunis-Dauphine, école de Commerce, le 9 octobre 2014

À l’université Tunis-Dauphine, école de Commerce, le 9 octobre 2014 © Ons Abid pour Jeune Afrique

Car les Tunisiens expatriés restent attachés à leur pays et attendent des conditions favorables pour envisager un retour. Selon une étude de l’Atuge, 38 % d’entre eux souhaiteraient rentrer pour entreprendre, et 54 %, pour contribuer à l’évolution du pays, tandis que 69 % disent que les amis et la famille leur manquent.

« Pour être de nouveau attrayant pour les siens, le pays doit avancer, porter une vision ambitieuse qui générerait de la confiance et susciterait une dynamique positive », explique Anys Fatnassi.

La fuite des cerveaux crée un manque provisoire de compétences, mais celui qui part dix ans peut […] faire gagner cent ans à son retour

La mobilité est dans le tempérament des Tunisiens, mais « les directives et les standards internationaux recommandent aux pays de protéger leurs marchés de l’emploi. Néanmoins, il existe une relation entre migration et développement à la faveur des transferts d’argent et de l’acquisition d’une expertise. La fuite des cerveaux crée un manque provisoire de compétences, mais celui qui part dix ans peut, avec l’expertise acquise, faire gagner cent ans à son retour », souligne Mohamed Belarbi, coordinateur national de projets pour l’Organisation internationale du travail (OIT).

Certains ont choisi de ne pas se poser la question du retour mais de rester entre deux rives – « expatriés partout », assène Mondher Khanfir – et de « servir de là où [ils] se trouve[nt] », assure Samar Louati-Razgallah.


Retour gagnant

Ismail Ben Sassi, directeur général et fondateur d’Il Boursa.

Ismail Ben Sassi, directeur général et fondateur d’Il Boursa. © Ons Abid pour JA

Recruté à 23 ans par la Banque Rothschild sur les bancs de la Sorbonne, où il soutenait un master en finances, Ismaïl Ben Sassi, 27 ans aujourd’hui, a renoncé à une brillante carrière pour revenir en Tunisie en 2016 et promouvoir son propre projet. Il a d’abord mis toutes les chances de son côté en préparant à distance, et en partenariat avec le français ABC Bourse, le lancement d’Il Boursa, premier portail boursier et financier du pays, qui vise à donner de la visibilité à la place de Tunis, à attirer les investisseurs et à développer une culture boursière.

Préparer son retour

Ismaïl est intarissable sur les possibilités qu’offre la Tunisie, mais insiste sur le fait qu’il faut bien préparer son retour. Parti sans réelle intention de revenir, il comprend que les jeunes rêvent de s’exiler, même si la conjoncture ne s’y prête pas.

« C’est aberrant de les en empêcher. À terme, on aimerait tous créer de la richesse dans notre pays », argue le patron de start-up. Devenu un acteur incontournable de la scène économique – sa société ne perd pas d’argent et lève des fonds avec succès –, il n’a eu aucune difficulté d’adaptation et profite « d’une bonne qualité de vie et d’opportunités professionnelles ».

Misant sur la plus-value apportée par l’expertise, Ismaïl Ben Sassi ouvrira un bureau d’Il Boursa à Casablanca et un autre à Abidjan en juin prochain.

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TITRE DU POSTE :   SPÉCIALISTE EN CHEF RÉGIONAL DES OPÉRATIONS NON SOUVERAINES (ONS)
COMPLEXE :   SECTEUR PRIVÉ, INFRASTRUCTURE ET INDUSTRIALISATION (PIVP)
DÉPARTEMENT/DIVISION :   VICE-PRÉSIDENCE DU SECTEUR PRIVÉ, DE L’INFRASTRUCTURE ET DE L’INDUSTRIALISATION FRONT OFFICE (PIVP)
GRADE :   PL2
SUPÉRIEUR HIÉRARCHIQUE :   VICE-PRÉSIDENT DU SECTEUR PRIVÉ, DE L’INFRASTRUCTURE ET DE L’INDUSTRIALISATION
LIEU D’AFFECTATION :   ABIDJAN, CȎTE D’IVOIRE; NAIROBI, KENYA; TUNIS, TUNISIE; PRETORIA, AFRIQUE DU SUD; YAOUNDÉ, CAMEROUN; ABUJA, NIGERIA
INFORMATION SUR LE POSTE :   CE POSTE BÉNÉFICIE DU STATUT INTERNATIONAL ET OUVRE DROIT AUX CONDITIONS D’EMPLOI Y AFFÉRENTES Si vous rencontrez des difficultés techniques lors de l’enregistrement de votre candidature, veuillez envoyer un courriel avec une description précise du problème et/ou en envoyant une capture écran indiquant le problème à : HR Direct HRDirect@AFDB.ORG.  
SAP N   50102203; 50102204; 50102199; 50102205; 50102198; 50083341  
DATE DE CLÔTURE :   02 JUIN 2021 (à 23 h 59 GMT)
Pour postuler: https://www.afdb.org/fr/vacancies/specialiste-en-chef-regional-des-operations-non-souveraines-ons-pivp-43464
LA BANQUE : Créée en 1964, la Banque africaine de développement est la première institution panafricaine de développement. Elle a pour mission de promouvoir la croissance économique et le progrès social dans l’ensemble du continent. La Banque compte 81 pays membres, dont 54 pays africains (les pays membres régionaux). Le programme de développement de la Banque vise à fournir l’appui financier et technique aux projets porteurs de transformation qui permettront de réduire sensiblement la pauvreté grâce à une croissance économique inclusive et durable en Afrique. Pour davantage se concentrer sur les objectifs de la Stratégie décennale (2013 — 2022) et réaliser un plus grand impact sur le développement, Cinq grandes priorités (High 5) dans lesquelles les interventions devront s’intensifier pour accélérer l’obtention de résultats en Afrique ont été identifiées, à savoir : l’énergie, l’agro-industrie, l’industrialisation, l’intégration et l’amélioration de la qualité de vie des populations africaines. La Banque entend constituer une équipe de direction qui pilotera la mise en œuvre efficace de cette vision. LE COMPLEXE : La Vice-présidence chargée du secteur privé, de l’infrastructure et de l’industrialisation (V.-P., PIPV) est au cœur de la mission de la Banque consistant à développer l’ensemble du secteur privé, tous secteurs confondus, améliorer les infrastructures et accélérer l’industrialisation. Ses principales fonctions sont les suivantes : i) renforcer l’environnement propice au développement du secteur privé [et du secteur financier] pour une croissance inclusive et un développement durable ; ii) soutenir le développement d’infrastructures fiables et durables, y compris les villes et le développement urbain ; iii) donner une nouvelle impulsion à la performance industrielle et commerciale pour la transformation structurelle en Afrique, , ce qui inclut également les 4IR et les TIC. Le Complexe met à profit les connaissances, le cofinancement et les partenariats pour attirer les capitaux privés et collaborer avec les gouvernements pour mettre en œuvre le programme de développement de la Banque. Les responsabilités du Complexe sont également les suivantes : i) jouer le rôle de chef de file dans la réalisation de la stratégie « Industrialiser l’Afrique » et participer, en tant que l’un des leaders, à la réalisation de la stratégie « Intégrer l’Afrique » ; ii) gérer le cycle complet des projets dans son domaine de compétence, de la phase de préparation à l’achèvement des projets, tant pour le secteur privé que pour le secteur public, et ce, en partenariat étroit avec les régions ; iii) assurer un leadership éclairé dans les domaines relevant de sa compétence et dans le cadre des partenariats et initiatives connexes ; et iv) agir en tant que porte-parole de la Banque dans ces domaines.  LE POSTE : La BAD souhaite recruter un Spécialiste en chef régional des opérations non souveraines (ONS) pour chacun des cinq bureaux régionaux, à savoir le bureau régional pour l’Afrique centrale, le bureau régional pour l’Afrique de l’Est, le bureau régional pour l’Afrique du Nord, le bureau régional pour l’Afrique australe ainsi que le bureau national pour le Nigeria. Les ONS font référence à une association de financements du secteur privé et d'entreprises d'État, ces dernières ne bénéficiant pas de la garantie de l'État. Le Spécialiste en chef régional des opérations non souveraines sera chargé de mener des activités liées au développement économique, d’assurer l’opérationnalisation ainsi que le soutien et la coordination de la mise en œuvre de la stratégie de la Banque en matière d’opérations non souveraines et de développement du secteur privé dans la région. Les activités liées aux ONS de la Banque ont connu une forte tendance à la hausse ces dernières années. Par ailleurs, des évaluations indépendantes récentes ont souligné les points forts de l’approche de la Banque et mis en évidence les domaines où des améliorations sont nécessaires. La nouvelle stratégie de la Banque pour le développement du secteur privé 2020-2025 vise donc à renforcer son engagement auprès des gouvernements et des opérateurs du secteur privé et à faire avancer le programme de développement du secteur privé de la Banque. Le titulaire du présent poste jouera un rôle essentiel dans la mise en œuvre de cette stratégie, en exerçant ses fonctions sur la base de l’approche « Une seule Banque » de la Banque et en collaborant étroitement avec les acteurs publics et privés. Le Spécialiste en chef régional des ONS jouera un rôle important dans la mise en œuvre décentralisée de la stratégie de la Banque en matière de stratégie pour le développement du secteur privé au niveau régional et national. Il travaillera en étroite collaboration avec le Directeur général, les responsables pays, les directeurs et responsables sectoriels chargés des ONS, le Directeur du département chargé de la gouvernance et les Économistes pays, afin de garantir l’homogénéité et la cohérence de la mise en œuvre de la stratégie de la Banque pour le développement du secteur privé dans les régions et les pays. Il devra travailler avec les équipes du secteur public et du secteur privé pour développer une synergie dans le travail de la Banque. Une telle synergie permet de s’assurer que les questions relatives au secteur privé sont prises en compte lors des activités en amont relatives aux politiques, à la réglementation et à l’environnement des affaires dans le cadre des opérations souveraines (OS), de manière à rendre les marchés plus attrayants pour les investisseurs du secteur privé.  PRINCIPALES FONCTIONS : Sous la direction générale et la supervision directe du Vice-président de PIVP, le Spécialiste en chef régional des ONS s’acquittera des tâches suivantes, sans toutefois s’y limiter :
  • Jouer le rôle de point focal pour les directeurs généraux, les directeurs sectoriels chargés des ONS (DSN), les responsables pays et les responsables sectoriels des ONS en ce qui concerne le secteur privé et les opérations non souveraines dans la région ;
  • En consultation avec le DG et les responsables pays, tout en se concertant avec les directeurs sectoriels chargés des ONS et les responsables sectoriels des ONS, s’assurer que les dimensions du secteur privé et des ONS sont correctement prises en compte dans les documents de stratégie pays (DSP) ainsi que dans le document de stratégie d’intégration régionale (DSIR) pour les pays et la région concernés, et diriger la conception et le développement des profils du secteur privé des pays (PSP) ;
  • Travailler en collaboration avec l’équipe de l’AIF et en coordination avec les DG et les responsables pays en vue de l’identification d’une série de projets à présenter au Forum africain de l’investissement. Le spécialiste en chef régional fournira également des conseils sur la mise en œuvre du pacte lusophone et sur l’identification de la réserve de projets connexes dans les pays concernés ;
  • Diriger, après consultation des DG et des directeurs sectoriels chargés des ONS (ainsi que d’autres acteurs, le cas échéant, tels que les responsables pays ou, selon le cas, les responsables sectoriels des ONS et les coordinateurs nationaux), la finalisation des POI des ONS (Plans d'opérations indicatifs pour chaque année) pour la région ;
  • Assurer le rôle de point focal dans la structure matricielle de l’approche d’une seule banque pour : i) consolider toutes les activités liées au développement du secteur privé et aux ONS dans la région et en informer les DG ; ii) servir de personne-ressource principale pour tous les complexes sectoriels en ce qui concerne le développement du secteur privé et les ONS dans les régions ;
  • Conseiller les DG et les responsables pays sur la gestion de la marge de manœuvre pour les ONS dans chaque région et pays, et concevoir des approches pour le transfert et l’atténuation des risques en collaboration avec les départements appropriés tels que FIST ;
  • Soutenir activement le dialogue politique au niveau national et régional en ce qui concerne la fonction publique et les services nationaux de statistique, et ce, en étroite collaboration avec les DG, les responsables pays et les directeurs sectoriels chargés des ONS, et en collaboration avec le département chargé de la gouvernance au sein d’ECVP (notre Complexe d'économie et de gouvernance) et l’économiste pays ;
  • Fournir des conseils aux DG et aux responsables pays en matière de dialogue politique avec les autorités ainsi qu’avec les CER sur les questions de politique affectant le développement du secteur privé et le climat d’investissement ;
  • Élaborer et concevoir des notes d’information et des mémoires sur le développement du secteur privé et les ONS, spécifiques aux pays et aux régions, afin d’étayer les plans d’investissement intégré et les opérations d’assistance technique, y compris les priorités sectorielles et les objectifs opérationnels ;
  • Soutenir la mise en œuvre de la stratégie de développement du secteur privé (PSDS), de la stratégie de développement du secteur financier (FSDS) ainsi que du volet secteur privé de la stratégie de gouvernance économique en Afrique (SEGA) dans la région et les pays concernés ;
  • Soutenir le travail réalisé en amont en ce qui concerne le développement du secteur privé ainsi que les activités d’assistance technique au niveau national et régional ;
  • Diriger les activités de développement économique dans le cadre des opérations du secteur privé et des ONS à l’échelle nationale et régionale pour les clients nationaux ou d’un seul pays de la région (et les clients régionaux africains basés dans les régions relevant de sa compétence), et soutenir stratégiquement la gestion du portefeuille des ONS ;
  • Travailler en étroite collaboration avec les responsables sectoriels des ONS en soutenant les activités liées à la création de données sur le terrain, notamment en ce qui concerne l’identification des clients et des opportunités d’affaires, la validation, la vérification préalable de l’intégrité des clients, le développement de la réserve de projets à l’échelle locale, et le soutien à la gestion proactive du portefeuille en assurant de bons rapports avec les clients, conformément aux priorités institutionnelles de la Banque ;
  • Établir et assurer la gestion des relations avec les parties prenantes, y compris les clients clés (gouvernements et entreprises privées) au niveau le plus élevé de la hiérarchie et veiller au bon positionnement de la Banque en tant que partenaire de choix en matière de soutien aux projets à fort impact sur le développement au niveau national et régional, y compris les projets d’industrialisation intégrée transformatrice ;
  • Établir des relations avec les principales parties prenantes (notamment les régulateurs concernés, les entreprises, les ONG, les fonds de capital-investissement et les investisseurs) ;
  • Identifier les domaines dans lesquels la Banque peut contribuer à l’accélération du développement du marché par l’innovation, en se fondant sur une compréhension approfondie des marchés locaux et sur les meilleures pratiques issues de l’expérience régionale de la Banque, ainsi que sur le potentiel d’exploitation des synergies entre les OS et les ONS de la Banque ;
  • Diriger/coordonner l’élaboration de stratégies d’engagement auprès des clients en ciblant les clients stratégiques existants et nouveaux ;
  • Examiner et valider, pour tous les investissements et programmes d’assistance technique dans la région, les résultats obtenus en ce qui concerne la valeur ajoutée des opérations de la Banque, l’impact sur le développement et l’adéquation avec l’orientation stratégique de la Banque ainsi que du DSP et du DSIR ;
  • Construire et développer un réseau de partenaires de la Banque issus du secteur privé dans le pays et la région, ainsi qu’une stratégie globale de communication ; s’engager auprès des médias locaux en coordination avec PCER (département de la communication) ;
  • Représenter la Banque et assurer la visibilité de ses activités auprès des acteurs du secteur privé au niveau national et régional, notamment en organisant/participant à des événements de haut niveau (visites de haut niveau, entretiens, séminaires, tables rondes sur les PPP, groupes de travail sectoriels et conférences) ;
  • Développer une bonne connaissance du marché et collecter davantage d’informations sur ce dernier afin de s’assurer que la Banque s’engage auprès des bons clients. Assumer la responsabilité de la sélection des clients, s’assurer de l’intégrité des clients potentiels et développer et maintenir des relations avec ces entreprises dans le but d’identifier les opportunités d’affaires en tenant compte de la stratégie décennale de la Banque, des High 5, de la PSDS, de la FSDS, de la SEGA et des instruments financiers ;
  • Assumer une part de la responsabilité (conjointement avec les responsables sectoriels des ONS et les gestionnaires de portefeuille) en ce qui concerne la qualité et la performance du portefeuille des opérations du secteur privé et des ONS des pays de la région dont il a la charge; et
  • Assurer la supervision administrative de tous les chargés d’investissement dans la région. En outre, le titulaire devra diriger, développer et encadrer une équipe intégrée et diversifiée composée de chargés d’investissement et de chargés de portefeuille dans le cadre des ONS, en veillant à ce que l’équipe soit très performante et motivée, produise des résultats clairs et soit déterminée à assurer le succès des activités des ONS de la Banque dans la région.
COMPÉTENCES (qualifications, expérience et connaissances) :
  • Être titulaire d’au moins un Master 2 en Administration des Affaires, en Finances, en Economie, en Développement International ou dans toute autre discipline pertinente ;
  • Justifier d’une expérience professionnelle pertinente d’au moins huit (8) ans dans le domaine de l’élaboration de stratégies, de la prestation de services de conseil, de la finance, des activités relevant de la banque d’investissement, du financement de projets et de la finance, du capital-investissement et des services de conseil en gestion ;
  • Avoir une bonne maîtrise des stratégies, politiques, procédures et pratiques des institutions multilatérales de développement ;
  • Être doté de bonnes aptitudes en matière de gestion des relations avec la clientèle, sur la base d’un réseau existant de contacts pertinents de haut niveau dans le secteur privé et public de la région ou avoir une capacité avérée à construire un tel réseau de clients de haut niveau ;
  • Faire preuve d’une performance exceptionnelle et avérée en ce qui concerne les activités d’investissement et d’assistance technique ;
  • Justifier d’une expérience notable et avoir prouvé sa compétence en matière de développement et de gestion des relations avec les clients clés ;
  • Avoir une expérience professionnelle dans la région Afrique et un intérêt marqué pour le développement d’une compréhension approfondie des pays desservis par le bureau régional ;
  • Être en mesure de représenter la Banque à l’extérieur auprès des gouvernements, des médias, des clients, des donateurs et d’autres parties prenantes ;
  • Être capable d’établir des relations fructueuses dans le cadre de l’approche matricielle d’une seule banque ;
  • Être capable de développer des solutions innovantes et de remettre en cause le statu quo dans le but de valoriser l’image et les activités de la Banque auprès des acteurs du secteur privé dans la région et sur ses marchés ;
  • Posséder des compétences très développées en matière de réflexion stratégique, combinées à une capacité à traduire des concepts et des orientations stratégiques dans des projets et des programmes viables et durables, tout en consultant les parties prenantes concernées ;
  • Être en mesure de faire concorder tous les aspects liés à la création d’un projet et à diriger le processus de mise en œuvre du programme de prêt ;
  • Avoir une excellente maîtrise de l’anglais ou du français, aussi bien à l’oral qu’à l’écrit, de préférence avec une connaissance pratique de l’autre langue.
  • Savoir utiliser les applications standard de la suite Microsoft Office ; la connaissance de SAP serait un atout.
Seuls les candidats répondant à tous les critères exigés par la Banque et retenus pour les entretiens seront contactés. Les candidatures ne seront prises en compte que si elles sont constituées d’une demande soumise en ligne, d’un curriculum vitae (CV) complet et des copies des diplômes requis. Le Président de la BAD se réserve le droit de nommer un candidat à un grade inférieur à celui du poste publié. La Banque africaine de développement est un employeur garantissant l’égalité des chances et les candidatures féminines sont vivement encouragées. http://www.afdb.org Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ne perçoit aucuns frais ou contribution de quelque nature que ce soit des candidats tout au long de son processus de recrutement (dépôt ou traitement de la candidature, étude du CV, entretien d’embauche et traitement final des candidatures). En outre, le Groupe de la BAD ne demande aucune information relative aux comptes bancaires des candidats et décline toute responsabilité de publications frauduleuses d’offres d’emploi en son nom ou, de manière générale, d’utilisation frauduleuse de son nom de quelque manière que ce soit.  « Veuillez noter que la Banque n’accepte pas la double nationalité. Par conséquent, vous devez indiquer la nationalité que vous aimeriez faire valoir tout au long de votre carrière à la Banque, si vous êtes recruté. Veuillez télécharger les pièces d’identité délivrées par le gouvernement telles que le passeport, la carte d’identité nationale ou le certificat de nationalité, etc. » BAD
2021-05-05 09:17:39
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La Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) est un établissement public international dont le siège est fixé à Dakar, au Sénégal. Elle est l’Institut d’émission commun aux Etats membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) que sont le Bénin, le Burkina, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Dans le cadre de la conduite de projets stratégiques structurants qu'elle mène dans le domaine, la BCEAO recrute un Expert en administration d'institut de formation. Missions :
  • Contribuer à la définition et à la mise en œuvre des stratégies de l'institut de formation, en lien avec son positionnement comme centre d'excellence ;
  • Participer à l'organisation et à la supervision des activités de l'institut de formation.
Profil requis :
  • Qualifications académiques : diplôme de niveau baccalauréat + 5 en ingénierie de la formation, gestion des ressources humaines ou autres disciplines connexes
  • Expérience professionnelle : au moins dix (10) années d'expérience dans le domaine de la gestion d'un centre de formation, dont au moins cinq (5) dans des fonctions managériales
  • Autres critères :
    • être âgé de 40 ans au plus
    • être ressortissant d'un Etat membre de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (Bénin, Burkina, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo)
Famille professionnelle : Management Type de contrat : Contrat à durée indéterminée (CDI) Le détail de la fiche de poste et le formulaire de candidature sont disponibles sur le site internet de la BCEAO, à l'adresse suivante : https://www.bceao.int/fr/content/recrutement-dun-expert-en-administration-dinstitut-de-formation Seules les candidatures enregistrées en ligne sur le formulaire précité seront examinées. Date limite de réception des candidatures : 20 mai 2021 NB : Si vous rencontrez des difficultés techniques lors de l’enregistrement de votre candidature, veuillez envoyer un courriel avec une description précise du problème à l'adresse candidatures@bceao.int. Les Services de la Banque Centrale contacteront uniquement les candidats qui seront présélectionnés. Ces derniers seront également invités à fournir les copies des diplômes mentionnés sur leur curriculum-vitae. Aucune contrepartie financière n'est exigée par la BCEAO pour le dépôt des candidatures.
2021-04-29 07:05:07
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Sénégal

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La Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) est un établissement public international dont le siège est fixé à Dakar, au Sénégal. Elle est l’Institut d’émission commun aux Etats membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) que sont le Bénin, le Burkina, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Dans le cadre de la conduite de projets stratégiques structurants qu'elle mène dans le domaine, la BCEAO recrute un Expert en gestion des ressources humaines. Mission : Contribuer à la définition, au pilotage et à l'évaluation des stratégies et politiques de gestion des ressources humaines de l'organisation Profil requis :
  • Qualifications académiques : diplôme de niveau baccalauréat + 5 en gestion des ressources humaines ou autres disciplines connexes
  • Expérience professionnelle : au moins dix (10) années d'expérience dans le domaine de la gestion des ressources humaines, dont au moins cinq (5) dans des fonctions managériales
  • Autres critères :
    • être âgé de 40 ans au plus
    • être ressortissant d'un Etat membre de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (Bénin, Burkina, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo)
Famille professionnelle : Management Type de contrat : Contrat à durée indéterminée (CDI) Le détail de la fiche de poste et le formulaire de candidature sont disponibles sur le site internet de la BCEAO, à l'adresse suivante : https://www.bceao.int/fr/content/recrutement-dun-expert-en-gestion-des-ressources-humaines Seules les candidatures enregistrées en ligne sur le formulaire précité seront examinées. Date limite de réception des candidatures : 20 mai 2021 NB : Si vous rencontrez des difficultés techniques lors de l’enregistrement de votre candidature, veuillez envoyer un courriel avec une description précise du problème à l'adresse candidatures@bceao.int. Les Services de la Banque Centrale contacteront uniquement les candidats qui seront présélectionnés. Ces derniers seront également invités à fournir les copies des diplômes mentionnés sur leur curriculum-vitae. Aucune contrepartie financière n'est exigée par la BCEAO pour le dépôt des candidatures.  
2021-04-29 07:02:11
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