Environnement

Face à face : Bertrand Camus (Suez) et Patrice Fonlladosa (Veolia) : les rivaux siamois

Bertrand Camus (à gauche) et Patrice Fonlladosa (à droite). © Vincent Fournier/JA

Le premier est directeur général Moyen Orient, Afrique, Asie, Inde, Pacifique de Suez, le second président Afrique et Moyen-Orient de Veolia. Leurs deux sociétés, qui se livrent une concurrence acharnée, présentent de nombreuses similitudes.

Tout nouveau directeur général Moyen-Orient, Afrique, Asie, Inde, Pacifique chez Suez, numéro deux mondial des services à l’environnement (15,9 milliards d’euros de CA en 2017), Bertrand Camus ne va pas tarder à faire la connaissance de son alter ego de chez Veolia, Patrice Fonlladosa, président Afrique et Moyen-Orient du numéro un du secteur (25,125 milliards d’euros de CA en 2017).

C’est que l’inimitié entre les deux multinationales jumelles est de notoriété publique. En Afrique en particulier, leur profil est similaire, avec des chiffres d’affaires comparables (1,1 milliard d’euros pour Veolia, 900 millions pour Suez), et une même inclination marocaine (600 millions de CA pour Veolia, 700 millions pour Suez). Veolia gère la distribution d’eau et d’électricité à Rabat et Tanger quand Suez produit et distribue l’eau dans la capitale économique via la Lyonnaise des eaux de Casablanca. Au sud du Sahara, le challenger se distingue par des contrats ponctuels de construction d’usines d’eau potable, comme celui remporté en 2017 à Yaoundé (43 millions d’euros) pour le compte des Chinois de Sinomach-CMEC.

Miser sur les clients privés

De son côté, Veolia s’aventure plus volontiers dans la gestion et la distribution d’électricité, au Maroc donc, mais aussi, jusqu’à récemment, au Gabon. Elle ambitionnait encore il y a peu de racheter une partie de la compagnie nationale d’électricité ghanéenne. En off, il n’est pas rare de les entendre se dénigrer l’un l’autre, Veolia réduisant son concurrent à un « sous-traitant », Suez exagérant les « montants élevés d’impayés » auxquels son rival est confronté.

Ils ont toutefois les mêmes intentions en Afrique : rechercher davantage de clients privés, meilleurs payeurs que les collectivités locales. Et ce n’est pas la récente expropriation de la filiale gabonaise de Veolia (la Seeg) par Libreville qui devrait changer cette orientation. Mais elle devrait changer le rapport de force, en amputant de près de 300 millions d’euros les activités de l’ex-Vivendi Environnement sur le continent.

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