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Cet article est issu du dossier «Maroc : qui sont les amis du Roi ?»

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Politique

Maroc : les amis de Sa Majesté

Le Roi du Maroc et la Princesse Lalla Salma recevant le président français Emmanuel Macron, le 14 juin 2017. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Une pléiade de célébrités étrangères – hommes politiques, artistes et sportifs – entretiennent des relations privilégiées avec Mohammed VI. Florilège.

Le pouvoir confine-t-il dans la solitude ? Les chefs d’État sont-ils forcément privés de l’amitié pure et désintéressée ? Depuis son arrivée sur le trône, Mohammed VI n’a jamais dissimulé, sans en faire étalage non plus, ses relations étroites, constructives et même chaleureuses avec plusieurs monarques et personnalités politiques étrangères.

D’abord, il y a les amitiés traditionnelles, souvent « au nom du père », feu Hassan II. C’est par exemple le cas avec la famille Bongo. Hassan II et Hadj Omar (comme il aimait l’appeler) étaient déjà proches. En juillet 1999, le chef de l’État gabonais avait porté le souverain marocain en terre et dès lors considéré le prince héritier, Sidi Mohammed, comme son « propre fils ». Ali Bongo Ondimba et Mohammed VI, qui se connaissent depuis leur adolescence, ont logiquement entretenu ces liens d’amitié.

Amitiés de longue date

Même chose avec Felipe VI, devenu roi d’Espagne en 2014. Sa première visite officielle fut réservée au Maroc. Juan Carlos et Hassan II entretenaient certes une amitié orageuse, mais il suffisait d’un simple coup de fil pour apaiser les tensions. À la mort de ce dernier, Juan Carlos a lui aussi promis d’être « comme un grand frère » pour Mohammed VI. Et malgré quelques incidents diplomatiques, les relations sont restées cordiales et chaleureuses. Raison d’État oblige.

Autre « ami de la famille » : Jacques Chirac, grand camarade de Hassan II, dans la pure tradition de la droite française, qui a toujours eu davantage d’atomes crochus avec la monarchie marocaine qu’avec la République socialiste algérienne. À la mort du souverain chérifien, Chirac a été un « soutien de la transition marocaine » et n’a pratiquement jamais raté un réveillon de Noël à la Gazelle d’or de Taroudant, relais quasi diplomatique entre la France et le Maroc. Il y a aussi le roi Abdallah de Jordanie. Les deux monarques ont de nombreux points communs : ils ont accédé au trône à la même époque, opté pour un mode de vie plus moderne et sont à la tête des deux monarchies les plus stables du monde arabe.

Des goûts éclectiques et modernes

Depuis son avènement, Mohammed VI s’est aussi émancipé de son père et a fait ses propres choix. Citons, par exemple, Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, que le souverain n’a jamais hésité à soutenir publiquement et vice versa (notamment pour le retour du Maroc au sein de l’UA). Ou encore, plus récemment, Paul Kagame, président du Rwanda, qui partage avec le roi les envies de « réforme du continent ». Du côté français, Mohammed VI demeure un proche de Nicolas Sarkozy, qui avait défendu bec et ongles le plan marocain au Sahara et goûté aux délices de la « diplomatie pastilla » (dîners somptueux, vacances royales…).

Pour plus de légèreté sans doute, mais aussi au nom de son tropisme culturel, le souverain marocain s’est également rapproché des artistes, parfois binationaux. Depuis quelques années, les selfies affleurent sur les réseaux sociaux : le roi et Jamel Debbouze, le roi et Michel Polnareff, le roi et RedOne… M6 a des goûts éclectiques, grand public et dans l’air du temps, et une appétence certaine pour les performeurs.

Une distance monarchique

Fan et ami de Johnny Hallyday, le souverain s’est aussi rapproché de Maître Gims, originaire du Congo, avec qui il partage le plaisir de la « sape ». En cela, il ressemble à de nombreux hommes d’État. Un jour, Barack Obama confia : « Quand j’ai compris que je ne deviendrais pas Bruce Springsteen, j’ai voulu devenir président. » Mohammed VI était destiné à devenir roi, mais, comme tous les hommes de pouvoir, il nourrit une certaine admiration pour les stars et goûte leur compagnie.

Pour autant, proximité ne signifie pas promiscuité, encore moins familiarité. Là où Hassan II n’hésitait pas à qualifier le président français Valéry Giscard d’Estaing de « copain », M6 maintient toujours une certaine distance avec ses proches, comme un rappel de son statut de monarque et de commandeur des croyants. Gare à ceux qui confondraient amitié avec vulgarité : ils ne l’approcheront plus.

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