Sécurité

Dix choses à savoir sur Ahmed Gaïd Salah, chef de l’état-major de l’armée algérienne

Ahmed Gaïd Salah, chef de l’état-major de l’armée algérienne © Farouk Batiche/AFP

À 78 ans, cet ancien maquisard de la guerre de libération détient le record de longévité à la tête de l’état-major de l’armée algérienne, dont le budget annuel dépasse 10 milliards de dollars.

• Chaoui

Il naît en 1940 à Aïn Yagout, en pays chaoui. En janvier 1957, en pleine guerre d’Algérie, la petite ville devient officiellement une commune française. Il prend alors le maquis et rejoint l’Armée de libération nationale (ALN).

• Moscovite

À l’indépendance, il suit une formation en artillerie à l’Académie militaire de Vystrel, près de Moscou. Dans sa promotion, le futur général de corps d’armée Ben Ali Ben Ali, qui dirige la garde républicaine depuis 2015. L’écrivain Yasmina Khadra fréquentera la même académie dans les années 1980.

• Hyperactif

Contrairement à ses prédécesseurs, qui affectionnent plutôt les bureaux du ministère de la Défense, il ne se passe pas une semaine sans qu’il fasse une visite de terrain dans l’une des six régions militaires du pays. Une hyperactivité savamment relayée sur les réseaux sociaux, Facebook en tête.

• Dur à cuire

En 1994, au plus fort de la guerre civile, il est nommé commandant des forces terrestres, engagées dans la lutte antiterroriste. Une promotion qu’il doit à deux généraux, avec qui il se brouillera par la suite : Mohamed Lamari, alors chef d’état-major de l’armée, et Khaled Nezzar, l’ex-ministre de la Défense.


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• Indéboulonnable

En 2003, Lamari soumet au président une liste de gradés à mettre à la retraite. Parmi eux, Gaïd Salah. Bouteflika appelle aussitôt l’intéressé pour l’en informer. « Tu veux nous quitter ? » lui demande-t-il malicieusement. Il sera finalement maintenu.

Tu veux nous quitter ?

• Tacticien

Hostile à un deuxième mandat de Bouteflika, le bouillonnant Lamari démissionne en août 2004. Son remplaçant ? Gaïd Salah, qu’il voulait expédier à la retraite un an auparavant ! Depuis, le promu ne manque jamais une occasion de manifester sa reconnaissance au président.


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• Homme lige

Nommé vice-ministre de la Défense en septembre 2013, il a été l’un des plus fervents partisans d’un quatrième mandat du raïs. « Je serai au service du moujahid [maquisard de la guerre de libération] Bouteflika jusqu’à la mort ! » aime-t-il à dire.

 Je serai au service du moujahid Bouteflika jusqu’à la mort !

• Gourmet

Amateur de bonne chère et gros fumeur, il est réputé – et craint – pour ses terribles accès de colère. Dans l’armée, on apprécie néanmoins la très bonne connaissance des unités de combat de cet homme qui a dirigé plusieurs régions militaires.

• Père fouettard

En février 2014, il interdit à des hauts gradés de disputer des matchs de foot avec des ministres et des civils dans un stade de la caserne du DRS (services secrets), à Beni Messous, sur les hauteurs d’Alger.

À ce rituel hebdomadaire prenait part le général Mediène (alias « Toufik »), à l’époque patron du DRS (restructuré en 2016), dont l’inimitié avec Gaïd est un secret de polichinelle.


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• Ambitieux

Fidèle parmi les fidèles de Bouteflika, il se verrait tout de même jouer un rôle déterminant dans l’hypothèse où le raïs serait « empêché ». Certains voient en lui un Sissi algérien.

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