Dans ce dossier
Crise du golfe : Qatar-Arabie saoudite, la guerre fraticide
Mohamed Ibn Zayed (MBZ), prince héritier et régent des Émirats arabes unis (EAU), c’est un peu le grand frère, celui qui a montré la voie à suivre à Mohamed Ibn Salman (MBS). De vingt-quatre ans son aîné, MBZ a parachevé l’œuvre de modernisation autocratique et ultralibérale des EAU lancée par son père dans les années 1990, une entreprise très similaire aux projets politiques, sociaux et économiques que met aujourd’hui en œuvre le Saoudien.
C’est d’ailleurs le même cabinet de conseil, McKinsey, qui est le principal maître d’œuvre de la Vision 2030 saoudienne après avoir élaboré la Vision 2021 émiratie. Sur le champ diplomatico-militaire, MBZ serait l’inspirateur de deux aventures dans lesquelles s’est embarqué MBS : la guerre au Yémen et le blocus du Qatar.
Dans cette dernière affaire, preuve a été faite que le piratage à l’origine de la crise a été effectué depuis les EAU. « L’agressivité anti-Qatar vient davantage d’Abou Dhabi, bien que Riyad y trouve son intérêt. L’obsession anti-Frères musulmans est plus émiratie que saoudienne. Le schéma a été inverse quand MBS a voulu “démissionner” le Premier ministre libanais. Les Émiratis ont alors tenté de calmer les Saoudiens », analyse le politologue Joseph Bahout.