Politique

Algérie : visite guidée de la résidence présidentielle de Abdelaziz Bouteflika à Zeralda

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Mis à jour le 28 février 2019 à 14h49
Vue aérienne du complexe présidentiel à Rezalda.

Vue aérienne du complexe présidentiel à Rezalda. © Capture écran/Google Maps

Le complexe présidentiel de Zeralda, où vivent Abdelaziz Bouteflika et une partie de sa famille, cache plusieurs villas ultra-sécurisées. Chaque personne y est sensiblement fouillée avant d’y pénétrer. Visite.

Pour accéder au compound de Zeralda, où résident Bouteflika et une partie de sa famille, il faut franchir plusieurs barrages militaires et emprunter une route qui serpente au milieu de champs parsemés de serres. Devant le portail, des gardes vêtus d’une chasuble arborant le sigle DGSPP (Direction générale de la sécurité et de la protection présidentielle) veillent au grain. Impossible pour les invités et les véhicules de pénétrer dans l’enceinte entourée de hauts murs de couleur ocre sans être fouillés et passés au scanner.

De toute façon, personne ne se hasarderait à s’en approcher. À un jet de pierre de ces lieux, où par temps venteux on peut sentir l’air iodé de la mer, la présidence dispose d’une autre grande résidence d’État avec d’immenses terrains, un lac artificiel, un domaine de chasse et des villas de haut standing. Les présidents Chadli et Zéroual s’y rendaient fréquemment pour y recevoir leurs hôtes, y organiser des battues ou s’y reposer. Bouteflika n’y met jamais les pieds depuis son accident vasculaire cérébral de 2013.

Silence monastique dans le bureau du chef de l’État

À l’origine, les trois villas de Zeralda, qui disposent notamment d’un terrain de tennis, devaient servir d’hôtel de luxe pour accueillir les invités du groupe Sonatrach.

Après les scandales de corruption présumée qui ont ébranlé la compagnie dès 2010, les bâtiments ont été récupérés par l’ex-DRS, avant d’être affectés à la présidence de la République durant l’été 2013. D’importants travaux y ont été effectués pour le confort de ses occupants, ainsi que pour l’accueil des visiteurs.

Seuls les cameramen de la télévision nationale et les photographes de l’agence officielle APS sont autorisés à pénétrer dans son bureau une poignée de minutes

C’est la troisième villa, au fond de la résidence, qui sert de bureau au chef de l’État. Un préau aux murs desquels sont suspendus des tableaux donne sur une porte qui s’ouvre sur un long couloir conduisant à la salle où Bouteflika accorde ses audiences, interdites aux journalistes.

Seuls les cameramen de la télévision nationale et les photographes de l’agence officielle APS sont autorisés à y pénétrer une poignée de minutes, avant d’être priés de quitter les lieux.

Le cérémonial est rituel. Les invités sont conduits vers la salle d’audience. La porte se referme. Dans un silence monastique, les journalistes et les membres de la délégation attendent à l’étage au-dessus, sous l’œil placide de la garde présidentielle et autres membres du protocole.

L’entrevue terminée, l’hôte de Bouteflika prend brièvement la parole dans le préau et devant les caméras avant de quitter les lieux. La résidence replonge dans le silence et la quiétude jusqu’à la prochaine audience.

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