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Cet article est issu du dossier «Niger : et pourtant, il tient bon»

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Politique

Niger : démocratie partielle ?

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Féru de batailles politiques et judiciaires, Mathieu Olivier est journaliste spécialiste du Cameroun, du Gabon et du Niger. Il travaille aussi sur les droits de l'homme, tout en gardant un œil sur la data-visualisation.

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Les élections municipales et régionales, qui devaient se tenir en 2016, ont été reportées plusieurs fois, pour des raisons techniques, affirme l'exécutif. Du côté de l'opposition, on doute que le fichier électoral biométrique promis puisse voir le jour avant 2021.

«Le gouvernement s’est fixé pour objectif […] d’organiser les futures élections locales et générales dans la transparence. » Cette brève évocation des locales par Mahamadou Issoufou dans son message à la nation du 17 décembre 2017, veille du 59e anniversaire de la République, est loin d’être anodine. Les scrutins municipaux et régionaux, qui devaient se tenir en mai 2016, ont depuis été reportés quatre fois, et les mandats des élus locaux prorogés.

L’exécutif évoque moult raisons : nécessité de créer un fichier biométrique, financement insuffisant pour effectuer un recensement crédible, manque de préparation de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), contexte sécuritaire défavorable, dates incompatibles avec les travaux champêtres…

Il estime par ailleurs que, en boycottant les travaux du Conseil national de dialogue politique (CNDP) et en tentant de bloquer toute modification du système électoral, l’opposition ne joue pas le jeu. Celle-ci dénonce quant à elle la composition déséquilibrée du CNDP et de la Ceni, qu’elle espère encore modifier avant d’envisager de discuter des réformes. Résultat : rien ne bouge.

Le premier axe du programme « Renaissance » est de « bâtir des institutions démocratiques fortes ». L’échelon local ne saurait en être exclu

À la mi-décembre, une délégation de l’OIF à Niamey s’est penchée, aux côtés de la Ceni et du ministre de l’Intérieur, Mohamed Bazoum, sur les travaux relatifs au fichier électoral. Sera-t-il biométrique –  option privilégiée par le gouvernement ? Aura-t-on les moyens et le temps de le modifier en 2018 ? La mission s’est révélée difficile. Et les questions demeurent.

Du côté du Moden Fa Lumana, premier parti d’opposition, on doute qu’un fichier biométrique voie le jour avant la présidentielle de 2021. Pis, on pense qu’une révision du fichier classique (qu’on estime en partie responsable de la défaite à la présidentielle de 2016) ne suffirait pas à gommer les problèmes, et on envisage de dénoncer des listes qui n’ont même pas encore vu le jour.

Faut-il s’en inquiéter ? Sans doute. Comme l’a martelé Mahamadou Issoufou lors de son élection en 2011 et comme il l’a rappelé, le premier axe de son programme de « Renaissance » est de « bâtir des institutions démocratiques fortes, crédibles et stables ». L’échelon local ne saurait en être exclu.

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