Culture

Le Marrakech de Touria El Glaoui, la créatrice de la foire 1:54

Pour la Marocaine Touria El Glaoui, il faut « donner la parole à un large public afin de ne pas être enfermé dans un ghetto ». © Vincent Fournier/JA

Pour la première fois cette année, la foire 1-54, créée par Touria El Glaoui en 2013, s’installe sur le continent 24 au 25 février 2018. En amont de l’événement, elle nous a fait découvrir « son » Marrakech.

Marrakech, Touria El Glaoui connaît bien. Et pour cause, son grand-père le « seigneur de l’Atlas », Thami El Glaoui, en était le pacha, et elle y a passé de nombreuses vacances… Après des années à en avoir rêvé, la jeune femme qui a créé la foire d’art contemporain africain 1-54 à Londres, en 2013, l’installe enfin sur le continent, qu’elle défend à longueur d’année. Après s’être exportée à New York, la foire prend ses quartiers à La Mamounia, du 24 au 25 février 2018.

Dix-sept galeries présenteront deux jours durant les travaux de 60 artistes représentant 25 pays, tandis que des projets spéciaux seront organisés en partenariat avec des institutions de Marrakech, comme le musée d’art contemporain africain Al Maaden, le tout nouveau musée Yves-Saint-Laurent, la Fondation Montresso, la galerie Comptoir des mines, etc.

Vincent Fournier/JA

« J’aime les espaces hybrides, comme le riad El Fenn ou Dar Moulay Ali, près de la mosquée de la Koutoubia, qui abrite l’Institut français – où le duo d’artistes lyonnais Scenocosme a créé des œuvres poétiques à partir de la végétation, notamment une installation sonore au cœur d’un arbre… », souligne Touria El Glaoui.

Comme toujours, la foire proposera un moment de réflexion avec son forum, désormais organisé par Omar Berrada, commissaire d’exposition et directeur du centre d’art Dar al-Ma’mûn. Le thème de cette édition inaugurale ? Always decolonise ! Il s’agira de « décoloniser les savoirs, de désapprendre l’eurocentrisme et de construire des futurs nouveaux en remembrant les fragments de nos passés folklorisés ». Vaste et ambitieux programme qui demandera sans doute plusieurs éditions de 1-54.


• La galerie Comptoir des mines

Hassan Ouazzani pour JA

«Souvent utilisé comme lieu off lors de la Biennale de Marrakech–manifestation pour l’heure suspendue–,c’est un lieu qui a été repris et rénové par Hicham Daoudi pour y installer la galerie CM de la Compagnie marocaine des œuvres et objets d’art (CMOOA)», explique Touria El Glaoui. Il y a des expositions-ventes consacrées à des artistes. À l’occasion de 1-54,elle exposera plusieurs artistes marocains,et une carte blanche sera offerte à l’un des plus connus d’entre eux, Hassan Hajjaj.


• La Terrasse des épices

Où manger ? Question fondamentale après des visites d’exposition ou une balade en ville. «Pour ma part, je conseille la Terrasse des épices, en plein cœur de la médina, qui propose un savant mélange de nourriture marocaine et internationale adaptée à une vie moderne en plein air, dit Touria El Glaoui avec un sourire gourmand.Et bien entendu, c’est l’endroit idéal,en été,pour assister au plus beau coucher de soleil que l’on puisse voir sur Marrakech et ses toits.»Au menu, entrées entre 60 et 120 dirhams (entre 5 et 10 euros, environ).Et plats entre 100 et 180 dirhams. Le tout orchestré par le Landais Nicolas Nancy depuis 2007.


• Le golf royal de Marrakech

SIMON SALIOT

Touria El Glaouine le dit pas elle-même, mais quelques recherches sur internet nous l’apprennent : le golf royal de la ville a été imaginé en 1927 par le pacha de Marrakech, Hadj Thami El Glaoui Mezouar, qui avait fait appel à Gustave Golias et à Arnaud Massy pour le dessiner. Parcours apprécié de Hassan II, il accueillit sur ses pelouses des sommités comme les Britanniques David Lloyd George et Winston Churchill ou,plus tard, «Ike»Eisenhower. Avec ses 15000 espèces végétales,le lieu offre une agréable fraîcheur quand le soleil cogne.«Déjeuner sous les arbres du Golf royal, commander des oursins et des fruits de mer assortis de mon vin blanc préféré,La Gazelle de Mogador,du domaine de Val d’Argan près d’Essaouira…», rêve tout haut Touria El Glaoui.


• Le village d’artistes Al Maqam

al maqam

À 35 kilomètres de Marrakech, dans la direction de Taroudant, se trouve Tahannaout et, au bout d’un chemin de terre, la résidence Al Maqam. Jardin, ateliers,librairie,galerie…et des plasticiens en liberté,variant au gré des saisons. «C’est la propriété d’artistes qui, pour certains, y habitent, explique Touria El Glaoui. Trois de mes préférés y travaillent: Mohamed Mourabiti, le fondateur du lieu, Mahi Binebine et Abderrahim Yamou. C’est ouvert au public,on peut y manger, et c’est fabuleux.»


• Le musée d’art contemporain africain Al Maaden

macaal

«J’aime ce musée sur tout parce qu’il expose des artistes venus de notre continent bien-aimé, explique Touria El Glaoui. J’en apprécie aussi l’architecture, le jardin et ses sculptures, et bien entendu la vue magnifique sur l’Atlas. C’est une superbe combinaison entre art et nature…»

D’ailleurs, la première exposition du Macaal, lancée lors de la COP22,«Essentiel Paysage», plaçait les artistes contemporains face auxquestionsenvironnementales.Maisqueseraientlesjoiesdel’esprit sans les plaisirs de la chair? «Le café est super sympa, permettant une très agréable pause en plein air», poursuit la patronne de 1-54.Partenaire de la foire, le Macaal propose jusqu’au 24 août 2018 une exposition intitulée«AfricaIsNoIsland», une sélection de 40 photographes émergents choisis par la dynamique plateforme Afrique in visu.

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