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Des étudiants en filière Éducation à l’université de Porto-Novo, au Bénin, en  mai 2017.

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Éducation : le match privé – public

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RDC : que vaut l’ENA de Kinshasa ?

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Mis à jour le 23 octobre 2019 à 20:16

L’École nationale d’administration, dans la capitale de la RD Congo. © Junior D. Kannah/AFP

L’École nationale d’administration de Kinshasa, créée en 2014, forme chaque année une centaine d’étudiants destinés à devenir les futurs hauts fonctionnaires de RDC. Mais les difficultés s’accumulent.

Dans les locaux passablement décatis du Bâtiment administratif de la fonction publique, dans le centre de la capitale congolaise, se trouve, au deuxième étage, une sorte d’oasis. Là, la climatisation ronronne agréablement, le carrelage brille et le mobilier est neuf. Bienvenue à l’École nationale d’administration (ENA) de Kinshasa, une grande école publique qui se veut un modèle !

Créée en 2014 avec l’appui de Matata Ponyo Mapon, alors Premier ministre, elle transforme chaque année une centaine d’étudiants en hauts fonctionnaires. Comme chez son homologue française, chaque promotion est baptisée d’un nom illustre. La première porte celui de Patrice Lumumba.

12 000 candidats en 2017

La grande différence est que l’ENA congolaise attire de très nombreux candidats, venus de toutes les provinces : pas moins de 12 000 en 2017. Il faut dire qu’elle offre des conditions de vie et d’études en principe idylliques.

On y recrute des enseignants qualifiés venus du monde entier ; on y octroie des bourses aux étudiants – 558 000 francs congolais (285 euros) par mois – pendant toute la durée de leur cursus (un an) ; on y aide même les jeunes provinciaux à s’installer dans la capitale. Enfin, les étudiants sont affectés à leur sortie dans une grande administration, en fonction de leur classement.

Une formation d’excellence

L’ENA Kinshasa n’est pourtant pas épargnée par les difficultés. Les cours n’ont cette année commencé qu’en septembre, au lieu de juillet habituellement. Et les étudiants se plaignent de sérieux retards – deux mois, déjà – dans le versement des bourses. D’autant que le montant de ces dernières a sévèrement pâti de la chute du franc congolais (dont la valeur est passée de près de 500 à moins de 300 euros depuis la création de l’école).

Enfin, les administrations concernées tardent parfois à embaucher les nouveaux diplômés conformément aux engagements pris. Pourtant, les abandons restent rares, même si leur nombre a légèrement augmenté. Car, s’il est une chose dont les étudiants ne se plaignent pas, c’est l’excellence de leur formation.