Société

Culture berbère : Rabat dans les pas d’Alger ?

Réservé aux abonnés | | Par
Mis à jour le 23 octobre 2019 à 20h16
Un manifestant du Hirak déploie le drapeau berbère devant les forces de l'ordre, lors de la grande marche du 20 juillet 2017 à Al-Hoceïma, dans le nord du Maroc. (image d'illustration)

Un manifestant du Hirak déploie le drapeau berbère devant les forces de l'ordre, lors de la grande marche du 20 juillet 2017 à Al-Hoceïma, dans le nord du Maroc. (image d'illustration) © Therese Di Campo/AP/SIPA

L’Algérie vient de reconnaître le Nouvel An berbère comme un jour férié. L’annonce a suscité de nombreuses réactions au sein du mouvement amazigh. De quoi donner des idées à leurs voisins marocains qui partagent les mêmes revendications.

« C’est un argument de plus pour faire pression. » Pour Ahmed Assid, intellectuel et militant du mouvement amazigh au Maroc, la décision algérienne de faire du Nouvel An berbère un jour férié est l’occasion de remettre sur la table une vieille revendication. Pourtant, les militants amazighs marocains, solidaires de leurs frères algériens, avec qui ils sont en contact constant, sont clairs : « Notre lecture de l’annonce algérienne est la même que celle faite par le mouvement berbère là-bas : c’est un moyen de calmer les esprits après le rejet de la généralisation de l’enseignement du tamazight, qui a suscité des manifestations de colère en Kabylie. »


>>> A LIRE – Algérie : Bouteflika et les Amazighs


Sur la question amazigh, Rabat et Alger s’observent, se jaugent et avancent chacun en fonction de l’autre. « Nous avions déjà porté la revendication de la création d’un institut de recherches après la création par l’Algérie du Haut-Commissariat à l’amazighité [HCA], en 1995. En 2001, le roi annonçait l’ouverture de l’Institut royal de la culture amazighe [Ircam] », se souvient Meryem Demnati, militante à l’Observatoire amazigh des droits et libertés.

 Les habitants de Tiznit, dans le Sud marocain, se souviennent encore du feu d’artifice organisé en 2014 pour le Nouvel An berbère

Si le HCA algérien est vite devenu une coquille vide, l’Ircam est souvent considéré comme une expérience plus concluante, malgré les reproches que lui adresse une partie du mouvement amazigh.

Manifestations en 2014

Peu de temps avant l’annonce algérienne, le ministre délégué marocain chargé de la Réforme de l’administration et de la Fonction publique, Mohamed Ben Abdelkader, s’est déclaré hostile à la reconnaissance de cette fête. Pourtant, dans les faits, des représentants de l’État, walis ou préfets, prennent déjà part aux festivités dans de nombreuses villes.

« Les habitants de Tiznit, dans le Sud marocain, se souviennent encore du feu d’artifice organisé en 2014 pour le Nouvel An berbère », sourit Demnati. Cette année, outre des manifestations revendicatives devant le Parlement, les militants amazighs ont organisé de grandes cérémonies culturelles, dont une au Théâtre national Mohammed-V, à Rabat.

Des associations ont par ailleurs envoyé deux missives au chef du gouvernement et au cabinet royal pour demander que le Maroc emboîte le pas à son voisin.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte