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La Revue en kiosque : quel avenir pour l’Algérie ?

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Mis à jour le 23 octobre 2019 à 20h15
Abdelaziz Bouteflika, à Tlemcen en 2012.

Abdelaziz Bouteflika, à Tlemcen en 2012. © CHESNOT/SIPA

Le clan Bouteflika fera-t-il une succession familiale « à la cubaine » ? Le numéro 75 du bimestriel La Revue est en vente dans les kiosques depuis le 14 décembre.

En 2019, les Algériens seront appelés aux urnes pour désigner leur président, et, aussi étonnant que cela puisse paraître vu de l’étranger, il est fort possible que l’actuel titulaire du poste, Abdelaziz Bouteflika, décide de se présenter une nouvelle fois. Âgé de 80 ans, il a frôlé la mort en 2005 à cause d’un ulcère hémorragique, ne se déplace plus qu’en fauteuil roulant et parvient à peine à prononcer quelques mots en public. La question de son avenir, tout comme celle de sa succession, se pose donc sérieusement, et Dominique Mataillet a longuement enquêté, pesant le pour et le contre et dressant la liste des prétendants au poste, qu’ils soient des proches de Bouteflika ou des opposants résolus.

L’hypothèse d’une succession familiale « à la cubaine » n’est, pour les spécialistes, pas la plus improbable. Le président Bouteflika vit en effet entouré de ses frères et sœurs, qui sont, dit-on, les seules personnes à qui il accorde une confiance totale. Saïd, le plus jeune de tous (59 ans), est à la fois son « conseiller spécial » et celui qui gère son agenda et sa communication.

On le soupçonne de signer lui-même les décrets présidentiels et d’être déjà, de fait, le véritable numéro un du pays. Mais franchira-t‑il le pas et ira-t‑il jusqu’à briguer officiellement la présidence ? Il faudra, de toute façon, qu’Abdelaziz annonce ses intentions.

Les potentiels candidats

Face au clan Bouteflika, nombreux sont les opposants qui expriment leurs doutes sur la capacité du président à gouverner. Beaucoup l’ont d’ailleurs approché de près, comme les anciens ministres Noureddine Boukrouh, Ali Benflis ou Mouloud Hamrouche. Le premier va jusqu’à s’interroger sur la santé mentale du chef de l’État, thème relayé par un autre adversaire déclaré : Soufiane Djilali, président du parti Jil Jadid (« nouvelle génération »), qui voudrait appliquer à Abdelaziz Bouteflika l’article 102 de la Constitution. Texte qui prévoit la destitution du président en cas de « maladie grave et durable ».


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Face à ces opposants, d’autres prétendants au trône ont choisi de rester fidèles et de se poser, plutôt, en dauphins potentiels. C’est le cas d’Abdelaziz Belkhadem, d’Abdelmalek Sellal ou de Chakib Khelil, mais surtout de l’actuel Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Beaucoup considèrent ce dernier comme un candidat légitime, avec un principal handicap : il est kabyle.

La place de l’armée

Attention, enfin, à ne pas négliger le rôle de l’armée dans la guerre de succession qui se profile à Alger. Pour l’heure, elle affiche une loyauté absolue et apporte un soutien sans faille au président Bouteflika. Mais le chef d’état-major, par ailleurs vice-ministre de la Défense, le général-major Ahmed Gaïd Salah, est un homme ambitieux qui pourrait, le moment venu, tenter de jouer sa propre carte.

Beaucoup de scénarios possibles, donc. Mais, pour l’heure, Abdelaziz Bouteflika reste plus que jamais le maître du jeu.

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