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Sonatrach : 4 000 cadres ont quitté l’entreprise en huit ans

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Mis à jour le 23 octobre 2019 à 20h14
Le siège de la Sonatrach à Oran.

Le siège de la Sonatrach à Oran. © CC/Wikimedia Commons

Au Qatar, en Amérique ou en Asie, les anciens cadres de la première entreprise algérienne peuvent espérer multiplier leur salaire par cinq. Ils sont nombreux à ne pas avoir hésité.

Une saignée ? Pis, une hémorragie. Selon des chiffres de Sonatrach, plus de 4 000 ingénieurs, techniciens et hauts cadres ont quitté le groupe entre 2008 et 2016. « C’est énorme, s’exclame Ould Kaddour, quand il prend connaissance des chiffes de cet exode. Leur départ est une perte irremplaçable tant il faut des années et des moyens colossaux pour former des ingénieurs, des techniciens et des foreurs. » Si certains ont fait valoir leur droit à la retraite anticipée avant 60 ans, une grande partie ont décidé de vendre leurs compétences aux multinationales présentes en Afrique, dans le Golfe, en Amérique ou en Asie.

Pas moins de 2 000 anciens salariés de Sonatrach sont partis travailler au Qatar et aux Émirats. Certains sont d’anciens cadres de BRC, joint-venture algéro-américaine dissoute en juillet 2017 après un scandale de surfacturations. Des compétences qui se mettent souvent au service de concurrents directs. Un membre du top management de Sonatrach nous confie que parmi les délégations étrangères qui viennent prospecter ou négocier des contrats en Algérie figurent souvent d’ex-dirigeants ou cadres de la compagnie nationale. « Un chef de projet qui quitte notre groupe pour une firme qatarie ou émiratie peut toucher plus de 10 000 dollars par mois contre 2 000 dollars en Algérie », soupire un proche du PDG de Sonatrach.

Big boss, maigre salaire

Moins de 5 millions de dinars (environ 37 000 euros). C’est la rémunération annuelle de l’actuel PDG de Sonatrach. En Algérie, où le smig est fixé à 18 000 dinars, ces émoluments peuvent sembler assez importants. Ramenée à l’échelle internationale, la rémunération d’Ould Kaddour est dérisoire. Patrick Pouyanné, PDG de Total, qui s’est déplacé à Alger en avril 2017 pour signer un accord mettant un terme au contentieux qui oppose les deux groupes, a perçu une rémunération de 6,4 millions d’euros durant l’année 2016

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