Politique

États-Unis : Melania Trump, trop discrète ?

Melania Trump avec des enfants à la Maison Blanche parmi les décorations de Noël, Washington, le 27 novembre 2017. © Carolyn Kaster/AP/SIPA

Depuis qu’elle est la First Lady of the United States, Melania Trump semble aux abonnés absents. Aux antipodes d’une Nancy Reagan ou d’une Michelle Obama.

Il y avait les premières dames des États-Unis, et puis il y a Melania Trump. Née il y a quarante-sept ans à Novo Mesto (Slovénie), elle a, comme son mari, un parcours très atypique. En deux cents ans, elle est en effet l’unique Flotus (pour First Lady of the United States) à ne pas être née sur le sol américain, à ne pas avoir l’anglais pour langue maternelle et à avoir été mannequin, présentant de surcroît de la lingerie fine.

Si sa plastique ne passe pas inaperçue, sa personnalité discrète, voire effacée, offre un saisissant contraste avec celle de son tonitruant époux. Depuis qu’elle a emménagé, en juin, à la Maison-Blanche avec leur fils, Barron, 11 ans (soit cinq mois après la prise de fonctions de Trump), elle est devenue, dixit CNN, « la femme la plus mystérieuse de Washington ».

Elle n’est entourée que de neuf collaborateurs, contre une vingtaine pour les deux dernières.

Selon toute apparence, Melania n’organise pas la vie quotidienne à la présidence, comme le faisaient Nancy Reagan, Laura Bush ou Michelle Obama. Elle n’est entourée que de neuf collaborateurs, contre une vingtaine pour les deux dernières.

Certains doutaient même qu’elle puisse organiser des événements comme la chasse aux œufs de Pâques – tâche traditionnellement dévolue à la First Lady –, qui voit des centaines d’enfants gambader sur les pelouses présidentielles à la recherche de poussins ou de lapins en chocolat (rassurez-vous, Melania s’en est très bien sortie).

Détachée du pouvoir

Elle n’a pas non plus endossé une grande cause nationale, comme le font les épouses de présidents. Michelle Obama avait lancé une campagne de lutte contre l’obésité infantile, allant jusqu’à cultiver un potager à la Maison-Blanche. Nancy Reagan, elle, s’était engagée dans la lutte contre les stupéfiants. Melania semble pourtant timidement marcher sur ses pas : en octobre, elle s’est rendue en Virginie-Occidentale dans un centre de soins pour toxicomanes.

Lorsque Trump a érigé la lutte contre les overdoses dues aux opiacés en priorité nationale, elle a eu ces mots : « Je n’ai jamais été aussi fière de mon mari. » Une déclaration qui a surpris, tant la nouvelle Flotus n’est pas du genre à s’épancher.

Des convictions divergentes

Elle semble même cultiver une certaine distance avec Donald. Il y eut par exemple ce moment étrange où elle sembla repousser sa main lors d’une visite officielle en Israël. Ou son air absent lors de leur tournée asiatique, au cours de laquelle elle visita seule la Grande Muraille de Chine.

 Rien de bon ne peut sortir de la violence », avait-elle tweeté lors des manifestations des extrémistes blancs

Entre les opinions de M. Trump et celles de madame, il y a parfois plus que l’épaisseur d’un papier à cigarette. Plutôt inhabituel, lorsque l’on se souvient de l’harmonie qui régnait au sein des couples Reagan ou Obama. Lors des événements de Charlottesville, en août, Melania a condamné les exactions des extrémistes blancs avec beaucoup moins d’ambiguïté que son mari. « Rien de bon ne peut sortir de la violence », avait-elle tweeté.

Maladresses

Elle a cependant un point commun avec Donald : elle traîne pas mal de casseroles. Lors de l’investiture de son époux à la convention républicaine, elle avait suscité un tollé en lisant un discours en grande partie identique à celui qu’avait prononcé Michelle Obama en 2008.

Et, pour élégantes qu’elles soient, ses toilettes font parfois jaser. En mai, lors d’un sommet du G7, en Italie, elle portait une veste Dolce & Gabbana d’une valeur de 51 500 dollars, une somme supérieure à ce que la majorité des Américains gagnent en une année. Autre choix peu judicieux : ses vertigineux talons aiguilles, alors qu’elle et son mari partaient visiter le Texas dévasté par l’ouragan Harvey.

Plus appréciée que Trump

Outre que chacun de ses gestes est scruté à la loupe, Melania doit composer avec la volcanique Ivana, ex-épouse de Trump et mère de trois de ses enfants. Cet ancien top-modèle tchèque, qui vient de publier une autobiographie : Raising Trump (« Élever Trump » !), a affirmé avec un certain toupet, en octobre, que la First Lady, c’est elle. Le porte-parole de Melania avait alors déploré le « tapage médiatique » que provoquait cette sortie incongrue.

Si elle est moins populaire que Michelle Obama, Melania pourra toujours se consoler en se disant qu’elle l’est plus que son mari. Selon CNN, elle recueille 48 % d’opinions favorables, et son époux seulement 38 %.

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