Société

Burkina : ce mandat d’arrêt international contre François Compaoré dont personne n’avait entendu parler

Début mai, la justice burkinabè a émis un mandat d’arrêt international contre François Compaoré, le frère cadet de Blaise Compaoré, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Norbert Zongo.

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Mis à jour le 1 août 2017 à 09:26

François Compaoré, le frère du président Blaise Compaoré, le 30 novembre 2012 à Ouagadougou, au Burkina Faso. © Ahmed Ouaba/AFP

Émile Zerbo, doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Ouagadougou, chargé de cette affaire, le soupçonne d’« incitation à assassinat » sur la personne du journaliste d’investigation et de trois de ses camarades, retrouvés morts dans une voiture calcinée le 13 décembre 1998.

À l’époque, Norbert Zongo enquêtait sur le décès de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré. Selon nos informations, ce mandat d’arrêt a été transmis à Interpol mais n’a pas encore été notifié par canal diplomatique aux autorités des pays où François Compaoré se déplace régulièrement depuis que son frère a quitté le pouvoir en 2014 : la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin, qui tous ont signé des accords de coopération judiciaire avec le Burkina.

Plusieurs sources ministérielles burkinabè affirment avoir découvert l’existence de ce mandat il y a seulement quelques jours. Idem à la présidence, où l’on assure que Roch Marc Christian Kaboré « n’a pas abordé ce sujet » avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara lors du dernier sommet du Traité bilatéral d’amitié et de coopération, le 17 juillet à Ouaga.

De son côté, Pierre-Olivier Sur, l’avocat français de François Compaoré, indique qu’il n’a pas été informé de cette procédure contre son client.