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Vie des partis

Côte d’Ivoire : le PDCI, allié ou rival du RDR ?

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Mis à jour le 23 octobre 2019 à 19h56
Henri Konan Bédié, président du PDCI, à Paris, en juin 2017.

Henri Konan Bédié, président du PDCI, à Paris, en juin 2017. © Vincent Fournier/JA

S’il reste bien ancré dans la majorité, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, en pleine réorganisation, compte désigner dès l’an prochain son candidat pour la présidentielle de 2020.

Le 29 mai 2017, le siège national du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), à Cocody, est bondé. À l’ordre du jour : la restructuration du plus vieux parti du pays (créé en 1946), point de départ d’une stratégie de reconquête du pouvoir. Poussé par sa base autant que par l’ambition de ses cadres, le PDCI a décidé de faire cavalier seul en 2020, tout en restant, avec le Rassemblement des républicains (RDR), dans la grande famille du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Une ambition présidentielle avérée

Cette base établie, la réorganisation concerne toutes les structures d’un parti qui devrait compter, dès les prochains mois, 300 000 militants actifs, soit 70 000 de plus que le RDR. Henri Konan Bédié, président du PDCI, a déjà remanié le secrétariat exécutif, confié à quatre personnalités dont l’ex-ministre du Commerce Jean-Louis Billon (chargé des études).

« À terme, précise Privat Séri Bi N’Guessan, secrétaire exécutif chargé des sections et des délégations, nous aurons un PDCI restructuré, fort, dynamique, avec un réel personnel politique et un fonctionnement administratif effectif. » La bataille pour 2018, année de la désignation du candidat PDCI à la présidentielle, pourra alors commencer. Pas moins de huit personnalités sont citées pour briguer la présidence en 2020.

Le scénario de 2010, où chaque parti du RHDP a présenté son propre candidat au premier tour, reste celui privilégié par de nombreux stratèges du PDCI. Les cadres du parti misent sur de nouvelles adhésions et surtout sur la division au sein du Front populaire ivoirien (FPI) entre les héritiers de Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Aboudramane Sangaré (lire p. 68).

Ils comptent également sur une désaffection des militants du RDR et sur d’éventuels conflits internes entre l’actuel Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, et le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, tous trois candidats putatifs du parti présidentiel.

Manque de consensus

En choisissant son candidat deux ans avant la compétition, le PDCI compte couper l’herbe sous le pied du RDR, qui serait ainsi contraint d’adouber son candidat, conformément à la volonté exprimée par Bédié à Daoukro.

Il espère aussi aplanir les divergences entre ses ­responsables pour arriver en 2020 en rangs serrés, sachant qu’une retraite ­politique de Bédié, qui aura 86 ans en 2020, n’est visiblement pas à l’ordre du jour.

Tous les courants du parti veulent se lancer dans la course. À commencer par les « irréductibles », ceux qui, contre l’avis de Bédié, ont tenté d’affronter Ouattara en 2015.

Menés par l’ancien gouverneur de la BCEAO Charles Konan Banny, le diplomate Amara Essy et Kouadio Konan Bertin, ils comptent aussi parmi eux les « indépendants » du parti, dont la figure de proue est Yasmina Ouégnin, députée de Cocody.

« Aucun parti ne pourra passer dès le premier tour en 2020, et il est clair que si le PDCI devait affronter le RDR au second tour, il pourrait opportunément s’allier à l’une ou à l’autre tendance du FPI, analyse Sylvain N’Guessan, expert en stratégie politique. Et c’est là qu’interviennent les “irréductibles”, qui sont déjà proches des milieux pro-Gbagbo. »

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