Religion

Pélerinage : rencontre avec Haïm Bittan, le grand rabbin de Tunisie

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 28 mai 2017 à 11h15
Haïm Bittan, le grand rabbin de Tunisie.

Haïm Bittan, le grand rabbin de Tunisie. © Ons Abid

Très attaché à sa ville natale, Djerba, où vient de s’achever le pèlerinage de la Ghriba, le grand rabbin de Tunisie espère voir revenir plus de juifs au pays.

Vendredi soir. Sur le toit d’une maison et du haut de ses 69 ans, Haïm Bittan souffle dans son shoffar (instrument en corne de bélier) pour marquer le début du shabbat. Un rituel qu’il honore depuis cinquante ans et qui lui est propre. « Gamins, on attendait ce moment avec impatience et on sortait toutes les semaines observer la scène », se souvient le docteur Gabriel Kabla, installé à Paris.

Autorité suprême de la communauté juive de Tunisie

Issu d’une grande fratrie, fils de commerçant et père de huit enfants, Haïm Bittan a été nommé autorité suprême de la communauté juive de Tunisie par décret présidentiel en 2004, après le décès de son prédécesseur, dont il était l’assistant.

S’il se rend régulièrement dans la capitale, il vit toujours dans sa maison familiale, à l’entrée de la Hara Kbira (« grand faubourg » juif de Djerba). « Je préfère rester ici, où la communauté est plus importante », explique-t-il. Et de détailler : 1 200 membres à Djerba et à Zarziz, contre 300 à Tunis.

« Petit par la taille mais grand par la sagesse »

En 1948, ils étaient environ 100 000 sur tout le territoire. Le grand rabbin espère donc voir revenir plus de juifs au pays. Quelques heures après la fin du célèbre pèlerinage de la Ghriba (du 12 au 14 mai), c’est un homme souriant et réservé que nous avons retrouvé dans son bureau à la Yeshiva (école talmudique) de la Hara Kbira, où il enseigne. Pour compléter son faible salaire versé par l’État, il pratique également l’abattage rituel et la circoncision.

« Petit par la taille mais grand par la sagesse », le décrivent fièrement les habitants du coin. « Calme et très à l’écoute, il n’hésite pas à monter au créneau quand c’est nécessaire », ajoute son bras droit, Moché Uzan.

Comme en 2013, lorsqu’il s’était opposé à une proposition de loi sur l’attribution de sièges permanents au Parlement tunisien pour la communauté juive. Ou, aujourd’hui, concernant le projet de création d’un musée de la mémoire judéo-tunisienne à Tunis. « Je ne suis pas contre l’idée, affirme-t-il. Mais pas dans une synagogue ! »

À la fin de l’entretien, Haïm Bittan se prête volontiers aux selfies avec des étrangers, n’hésitant pas à se hisser sur un banc pour poser en groupe. Facile pour ce septuagénaire qui grimpe chaque semaine sur les toits.

 

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