Musique

Musique : et il est comment le dernier album d’Idir, « Ici et ailleurs » ?

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Mis à jour le 23 octobre 2019 à 19h45
« Ici et ailleurs » est le nouvel album de l’Algérien Idir.

"Ici et ailleurs" est le nouvel album de l'Algérien Idir. © Sony Music

La pochette d’Ici et ailleurs détonne. Autour du visage fin et calme du monstre sacré de la chanson kabyle s’égrènent les noms des plus grands chansonniers français.

Listons, car il faudra bien en passer par là : Charles Aznavour, Patrick Bruel, Francis Cabrel, Maxime Le Forestier, Grand Corps Malade, Bernard Lavilliers, Gérard Lenorman, Henri Salvador, Tryo. Rien de moins.

Tanina, sa fille et partenaire musical

Un nom inconnu pour les amateurs de standards de l’Hexagone : Tanina, la fille d’Idir, qui l’accompagne depuis quelques années maintenant. Ceux qui suivent la carrière de l’artiste né en 1949 à Aït Lahcène, en Haute Kabylie, s’en souviennent.

En 2007, Idir avait déjà sorti La France des couleurs, un album composé de featurings avec des artistes de rap, de reggae ou de R’n’B comme Zaho ou Sinik. On y retrouvait d’ailleurs déjà le groupe Tryo, pour une chanson sur les sans-papiers.

Poète et militant

En 1999, Maxime Le Forestier participait aussi à son projet Identités, aux côtés d’autres artistes internationaux comme Manu Chao et Zebda. Ces albums venaient comme des rencontres entre Idir le militant, partisan d’une défense des particularités locales, et d’autres artistes connus pour des chansons engagées.

Ici et ailleurs est tout aussi logique. C’est l’Idir poète qui a tôt adopté la guitare folk, si chère à la variété française, comme instrument de prédilection qui communie ici. « Né quelque part », de Maxime Le Forestier, ne jure pas, tant s’en faut, en kabyle, dans la bouche de celui qui a chanté l’identité réprimée, l’appartenance à une terre et à une communauté marginalisées. « On the Road Again », chantée avec Bernard Lavilliers, renvoie bien sûr aussi au succès d’Idir « A vava inouva », les deux titres évoquant l’exil.


Un album trop conventionnel ?

Il y a quelque chose d’évident à l’écoute de cet album, car s’il y a bien un domaine que la France et l’Algérie ont en partage, c’est la tradition des chansons à texte et le public. « A vava inouva » est ainsi considérée comme l’une des premières chansons maghrébines à avoir gagné le cœur du public français, et la réputation de fidélité du fan-club algérien d’Aznavour n’est plus à faire.

Alors, qu’est-ce qui cloche ? Ce n’est pas la production, impeccable, mais il y a, à l’écoute, quelque chose d’un peu lassant, et ce même si quelques chansons sont efficaces, notamment l’hommage à la révolution tunisienne « Les Larmes de leurs pères », avec Patrick Bruel, et « L’Hymne de nos campagnes », avec Tryo. Peut-être cet album est-il un peu trop attendu et conventionnel.

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