Politique

Maghreb : sombre bilan pour la démocratie, selon deux députés français

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Jean Glavany (à g.) et Guy Teissier, le 18 janvier 2017 à Paris.

Jean Glavany (à g.) et Guy Teissier, le 18 janvier 2017 à Paris. © LCP

Après avoir visité quatre villes du Maghreb, deux députés français rapportent leur constat plutôt pessimiste sur les avancées démocratiques au nord de l’Afrique.

Le rapport sur les relations entre l’Europe et le Maghreb (consultable ici) rédigé par les députés français Jean Glavany (Parti socialiste) et Guy Teissier (Les Républicains) à l’issue d’une mission de plusieurs mois qui les a conduits à Tunis, Alger, Rabat et Nouakchott promet de faire des vagues. Lors de sa présentation, le 18 janvier à Paris, devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, que préside Élisabeth Guigou, les deux élus ont rivalisé de pessimisme.

La Tunisie est, à leurs yeux, une « démocratie extrêmement fragile », où « les conditions de vie ne cessent de se dégrader depuis 2011 » sur fond de « désocialisation croissante », de « délabrement des villes », de « très grande tension sociale » et de « climat de décrépitude ».

L’Algérie n’est guère mieux lotie puisqu’elle « donne une impression de fonctionnement » alors que « tout reste artificiel », qu’une « chape de plomb » pèse sur les libertés, que le « danger de délitement » menace au fur et à mesure que « le mécontentement grandit », le tout sous la férule d’une armée dont le chef d’état-major, le général Gaïd Salah, « se verrait bien en successeur d’Abdelaziz Bouteflika ».

Les rumeurs sur Mohamed VI 

Si le Maroc échappe en partie à ce sombre tableau, il n’en va pas de même de son chef d’État, le roi Mohammed VI, classé au même titre que Béji Caïd Essebsi et Abdelaziz Bouteflika dans la catégorie des… « dirigeants à la santé fragile ». Sous l’œil effaré d’Élisabeth Guigou, native de Marrakech, Jean Glavany s’est hasardé à quasi diagnostiquer la (pseudo-)maladie « à évolution lente » [sic] dont « tout le monde sait » selon lui que M6 « est atteint », ainsi que son traitement.

À la suite d’un appel de l’avocat du Palais, le député s’est depuis rétracté, tout en avouant avoir commis « une faute » : « Je ne suis pas médecin, je n’ai pas consulté de médecin, je ne détiens aucune information sur l’état de santé du roi », a-t-il précisé le 27 janvier. On s’en doutait. Mais, dans ces cas-là, mieux vaut se taire que de colporter des rumeurs.

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