Politique

Congo-Brazzaville : qui était Okombi Salissa avant de devenir un opposant ?

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Mis à jour le 23 octobre 2019 à 19:37

André Okombi Salissa pendant une conférence, en octobre 2014. © Clc congo/Youtube/Capture d’écran

L’opposant à Denis Sassou Nguesso est dans le collimateur de l’Etat congolais. André Okombi Salissa, ex-candidat à la présidentielle, a derrière lui une histoire peu commune.

Arrêté le 10 janvier à la périphérie de Brazzaville et accusé par les autorités de détention d’armes de guerre et de complicité d’atteinte à la sûreté de l’État, André Okombi Salissa, 55 ans, a un parcours singulier qui a échappé à la plupart des commentateurs, lesquels ne retiennent de lui que son statut – récent – d’opposant radical au régime.

Ce natif de Lékana, formé en RD Congo et en Ukraine, a en effet directement participé à la guerre de 1997 en tant que chef Cobra (la milice proche de Denis Sassou Nguesso). Sous la direction de Camille Oko, il était le numéro deux du Front 400 face aux troupes de Pascal Lissouba, au cœur de Brazzaville, théâtre de nombreuses exactions de part et d’autre.

Ministre de DSN pendant quinze ans et membre du bureau politique du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir), il ne s’est jamais séparé de ce que l’on appelle alors son « écurie » : plusieurs centaines de jeunes, originaires pour la plupart du quartier de Poto-Poto à Brazzaville puis de Lékana, chargés entre autres de se mobiliser lors des déplacements du chef de l’État et organisés en quasi-milice sous le couvert d’une association, le CADD-MJ.

Refusant de dissoudre cette dernière, Okombi Salissa est débarqué du gouvernement en septembre 2012, puis exclu du bureau politique du PCT – tout en conservant jusqu’à aujourd’hui son statut de membre et son siège de député. Un limogeage qui, à l’instar de celui de Charles Zacharie Bowao, survenu au même moment, est à l’origine de son glissement progressif vers l’opposition, au point qu’il s’est porté candidat à la présidentielle de mars 2016.