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Sport

CAN 2017 : infrastructures sportives, quoi de neuf sur le terrain ?

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Mis à jour le 23 octobre 2019 à 19h37
Des employés préparent la pelouse du stade de l'Amitié, à la veille de la CAN 2017, le 13 janvier 2017.

Des employés préparent la pelouse du stade de l'Amitié, à la veille de la CAN 2017, le 13 janvier 2017. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Le Gabon avait coorganisé la CAN 2012 avec la Guinée équatoriale. Pour accueillir l’édition 2017, il est seul aux commandes. Et a fait le choix de donner une nouvelle jeunesse aux structures existantes.

Plusieurs dizaines de toilettes en piteux état, empilées à la sortie du stade de l’Amitié sino-gabonaise après avoir été remplacées : la scène, cocasse, illustre le vaste ménage entrepris par le Gabon pour recevoir la 31e CAN. Afin d’accueillir, pour la première fois dans son intégralité, la compétition, le pays a fait le choix, plutôt que de se lancer dans une série de grands travaux, de rénover les équipements bâtis lors de la coorganisation avec la Guinée équatoriale de l’édition 2012.

Seuls les stades de Port-Gentil et d’Oyem, avec leurs routes attenantes, ont dû être construits pour coller au cahier des charges imposé par la Confédération africaine de football (CAF). Ils ont été réceptionnés en grande pompe, à la mi-décembre, par la ministre des Sports, Nicole Assélé. Pour le reste, « il y a le legs des infrastructures de 2012 », comme le dit Snella Pombo, le vice-président de la commission communication du Comité d’organisation de la CAN (Cocan).

Reconstruire les sites de la CAN 2012

Le rafraîchissement des différents sites destinés à accueillir les 16 équipes qualifiées pour la phase finale a donc timidement commencé au début de décembre 2016. Comme à Bongoville, à la frontière avec le Congo-Brazzaville, où se trouve le complexe Heliconia. À l’intérieur, derrière le haut mur de barbelés, deux ouvriers retapent, carreau par carreau, le revêtement bleu de la piscine installée sur la terrasse du bâtiment principal. Un peu plus loin, un petit groupe fait le ménage dans l’un des bungalows où dormiront les joueurs sénégalais et tunisiens, ces derniers retrouvant leurs pénates de 2012. Les deux autres équipes du groupe B, l’Algérie et le Zimbabwe, sont, elles, attendues à Moanda, dans l’hôtel et le stade d’entraînement bâtis il y a six ans dans la cité industrielle – bastion de la puissante Compagnie minière de l’Ogooué.

En revanche, à quelques kilomètres de là, le stade d’entraînement et l’hôtel de Ngouoni, livrés par Vinci et qui avaient accueilli le Ghana en 2012, n’hébergeront personne. Le stade a été reconverti en site militaire, et son accès est désormais interdit aux civils. Même en crampons.

Plus qu’un événement sportif, un enjeu pour le Gabon

« Tous les stades d’entraînement, ainsi que l’Institut national de la jeunesse et des sports de Libreville, ont été réhabilités. De nouvelles pelouses ont également été posées », précise Snella Pombo, dans son bureau installé au rez-de-chaussée du stade de l’Amitié sino-gabonaise, à Angondjé, à la sortie de Libreville, où le Cocan, créé en 2012, a repris du service. Selon un décret de 2015, l’instance a été placée sous le haut-commissariat de Christian Kérangall, le puissant patron du groupe industriel Compagnie du Komo. Plus de 8 000 personnes ont été enrôlées dans les différentes commissions thématiques – transport, marketing ou sécurité. L’organisation a pour objectif de faire de ce rendez-vous footballistique une véritable opportunité économique pour le pays, à contre-courant de la morosité pétrolière ambiante, amplifiée par un contexte politique tendu qui, pendant un temps, a motivé de nombreuses menaces de boycott.

Pour plus d’efficacité, le Cocan s’est attaché les services de Keneo, une société française de conseil en marketing sportif destinée à l’aider à fluidifier la coordination sur l’ensemble des sites. L’événement a également fait le plein de volontaires, « signe de l’adhésion populaire », comme aiment à le croire les organisateurs. Pour les 1 800 postes à pourvoir à Libreville, près de 11 000 jeunes se sont proposés.

Au stade de Franceville, dans le Haut-Ogooué, plus de 400 volontaires prennent la pose, début décembre, au côté de Jacques-Denis Tsanga, le fraîchement nommé gouverneur de la province. L’occasion pour Léod Paul Batolo, cadre de Comilog et coordinateur du Cocan à Libreville, d’assurer une nouvelle fois le service après-vente en louant « l’immense chance que représente la CAN pour le Gabon ».

Scepticisme chez le peuple gabonais

Néanmoins, malgré ces promesses, l’engouement populaire reste mesuré. Si, à Libreville, deux ballons décoratifs, griffés CAN 2012, jalonnent la rocade du bord de mer et rappellent l’événement, à Franceville, les principales artères sont toujours envahies par les affiches de la dernière campagne électorale, avec Ali Bongo Ondimba en vedette. Le cœur n’y est pas vraiment pour certains Gabonais qui estiment qu’il y a peut-être mieux à faire que de dépenser des milliards dans l’organisation, quand le pays connaît des problèmes criants dans des domaines aussi fondamentaux que l’eau et l’électricité.

Malgré les déclarations de l’exécutif, qui assure avoir revu ses ambitions à la baisse (lire l’interview de Nicole Assélé), la facture, d’un montant de 463 milliards de F CFA, promet de dépasser celle de 2012 (400 milliards), alors que les chantiers sont moins nombreux. Mais plutôt que de spéculer sur le montant des dépenses, le Cocan préfère se concentrer sur les recettes. À commencer par les 525 000 billets, vendus entre 500 et 20 000 F CFA (entre 0,80 et 30 euros). Ne serait-ce que pour être sûr que les stades feront le plein pour pousser les Panthères le plus loin ­possible.

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