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Cet article est issu du dossier «Football : festival de CAN !»

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Sport

Football : portraits de deux entraîneurs de la CAN 2017, Hervé Renard et Henryk Kasperczak

Le coach de l'équipe du Mali, Henryk Kasperczak, avant le match contre le Côté d'Ivoire, en Guinée Equatoriale, le 23 janvier 2015. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Tous deux sont familliers des stades africains. Le plus aguerri, Henryk Kasperczak, dispute sa septième CAN. Le plus jeune, Hervé Renard, au caractère bien trempé, hérisse le poil de la fédération marocaine.

Hervé Kasperczak aux côtés de la Tunisie pour 2017

L’air de rien, Henryk Kasperczak va disputer, à la tête de la Tunisie, sa septième phase finale de Coupe d’Afrique des nations. La troisième avec les Aigles de Carthage, qu’il avait conduits en 1996 jusqu’en finale, perdue 2-0 face à l’Afrique du Sud, alors pays organisateur, et en quarts deux ans plus tard, où ils avaient été éliminés aux tirs au but contre le Burkina Faso, qui à son tour accueillait l’épreuve.

Après un premier passage réussi en Tunisie, entre 1994 et 1998, l’ancien défenseur international polonais est revenu aux affaires en 2015, après le départ précipité du Belge Georges Leekens. « J’avais gardé un excellent souvenir de la Tunisie, avec laquelle j’ai aussi disputé les JO d’Atlanta de 1996 et la Coupe du monde de 1998. Le contexte est un peu différent de celui d’il y a vingt ans. La moitié de mon effectif joue à l’étranger, et tous les joueurs ne sont pas titulaires en club. Mais la qualité est toujours là. »

Grand connaisseur du football africain

Le sélectionneur des Aigles, qui avait effectué sa carrière de joueur entre sa Pologne natale et la France, a découvert l’Afrique en 1994, en Côte d’Ivoire. « J’étais au chômage quand on m’a proposé d’aller coacher les Éléphants, champions d’Afrique en titre. Je ne connaissais alors rien au continent. » Après son passage sur le banc tunisien puis un autre, plus éphémère, sur celui du Maroc, de mars à août 2000, sur lequel il préfère ne pas s’attarder – « je suis arrivé à une période où les joueurs étaient blasés et peu motivés » –, Kasperczak a retrouvé l’Afrique subsaharienne grâce au Mali, lors de la CAN 2002, organisée par le pays. « Des joueurs comme Seydou Keita ou Mahamadou Diarra disputaient alors leur première phase finale, et ils sont devenus les leaders de cette équipe pour plusieurs années. »

Kasperczak revient au Mali en 2013, et subit une élimination dès le premier tour de la CAN 2015 au bénéfice de la Guinée, lors… d’un tirage au sort effectué à l’hôtel Hilton de Malabo. « Un souvenir très douloureux, surtout pour les joueurs », évoque pudiquement le sélectionneur de la Tunisie.

La première fois qu’il sort d’une CAN dès les premiers jours, c’est en 2008, alors qu’il entraîne le Sénégal. « Kaspi » quitte les lieux dès le deuxième match, après une défaite face à l’Angola. « J’avais prévu de partir après la compétition. Mais là, je n’en pouvais plus. Les joueurs n’étaient plus concernés. » Cela ne sera certainement pas le cas des Tunisiens cette année au Gabon.


Hervé Renard : sur une pente douce ?

Senna/AFP

Hervé Renard après avoir été désigné le nouvel entraîneur de l'équipe de football marocaine, à Rabbat, le 16 février 2016. © Senna/AFP

Tout se passait pourtant bien pour Hervé Renard et la fédération du Maroc, qui l’a recruté en février 2016. Dirigés par le double champion d’Afrique, en 2012 avec la Zambie et en 2015 avec la Côte d’Ivoire, les Lions de l’Atlas se qualifient aisément pour l’édition gabonaise, jouent quelques matchs amicaux bien ficelés et montrent un style de jeu plutôt convaincant. Mais la patience n’est pas la première des vertus dans le royaume chérifien.

Il a suffi d’un match nul contre la Côte d’Ivoire, en novembre, en qualifications de la Coupe du monde 2018, au cours d’une prestation jugée trop frileuse et suivie de déclarations un peu trop cash du Français au goût de son employeur, pour crisper l’ambiance. « Je ne suis pas un magicien », a notamment lancé Renard pour expliquer qu’il ne disposait pas du meilleur effectif d’Afrique. Et ses relations distantes avec les médias locaux ont agacé la fédération marocaine, qui lui reproche d’accorder plus facilement des interviews à la presse française. Et beaucoup au Maroc estiment déjà qu’une mauvaise CAN pourrait lui être fatale.

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