Dossier

Cet article est issu du dossier «RD Congo : un nouveau départ»

Voir tout le sommaire
Elections

RDC : dans le camp Kabila, ils commencent à sortir du bois

Joseph Kabila, le président de la RD Congo, le 7 novembre 2008 à Nairobi.

Joseph Kabila, le président de la RD Congo, le 7 novembre 2008 à Nairobi. © Sayyid Azim/AP/Sipa

Maintenant que le président Kabila semble accepter l’idée de passer la main à la fin de l’année, beaucoup dans son camp se verraient bien prendre sa place.

Chercherait-il enfin une sortie honorable ? Au pouvoir depuis seize ans, le président Joseph Kabila, dont le second mandat aurait dû se terminer le 19 décembre 2016, vient de consentir à passer le flambeau « au plus tard en décembre 2017 ». Sur le papier, en tout cas. Et le document signé le 31 décembre lui interdit même de réviser ou de changer la Constitution par voie légale, y compris par référendum. De nouveaux verrous qui hérissent déjà certains caciques de la Majorité présidentielle (MP).

« Comment expliquer qu’à Brazzaville Denis Sassou Nguesso a le droit de consulter son peuple, mais qu’à Kinshasa, juste en face, nous ne sommes pas en mesure de faire passer le même message ! » tonne Tryphon Kin-Kiey Mulumba. L’initiateur du désormais parti Kabila Désir va jusqu’à pointer les ambitieux de la MP, les « Valls, Montebourg et Macron » (en référence aux multiples candidats de la primaire socialiste française) qui se sont précipités dans la course un peu trop tôt selon lui.

Sans les nommer, il accuse certains de ses camarades engagés dans la lutte interne pour la succession de n’avoir pas « suffisamment soutenu » l’idée du maintien au pouvoir de Kabila.

Dauphins potentiels

Au sein de la famille politique du président, personne n’ose se déclarer candidat pour l’instant, mais beaucoup y pensent. Aubin Minaku, 52 ans, président de l’Assemblée nationale depuis bientôt cinq ans et secrétaire général de la MP, porte bien le costume de « dauphin autoproclamé », éclipsant au passage Évariste Boshab, son prédécesseur au perchoir.

Mais Matata Ponyo Mapon, 52 ans lui aussi, a également des arguments à faire valoir : il a la confiance du chef de l’État – qui l’a maintenu à la tête du gouvernement quatre ans et six mois – et c’est un élève apprécié des institutions de Bretton Woods. Et que dire de Néhémie Mwilanya Wilondja, le « dircab », de plus en plus présent sur le devant de la scène ?

« Ce n’est pas suffisant pour prétendre au statut du dauphin, juge un observateur avisé des arcanes du pouvoir.Beaucoup de lieutenants de Kabila ne disposent que d’une assise locale au sein de leur tribu, territoire, voire de leur province. » Dans tous les cas, « le moment venu, Kabila choisira une personne à même de le sécuriser », croit savoir un proche du chef de l’État.

Visiblement, à 45 ans, le futur sénateur à vie n’a pas encore dit son dernier mot. « S’il a accepté toutes les clauses de l’accord, c’est parce qu’il est convaincu qu’il en sortira gagnant : il a toujours un scénario de rechange », analyse le politologue Bob Kabamba, qui suit de près les tractations en cours en RD Congo. Traduction : Kabila sait qu’il restera en place tant que l’élection de son successeur n’aura pas lieu. Comme en 2016, le raïs a toujours une carte à jouer.

Abonné(e) au magazine papier ? Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte