Politique

Tunisie : Ennahdha et les repentis du jihad

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Mis à jour le 28 décembre 2016 à 12:24

« Les jeunes jihadistes sont des déracinés de l’identité et de l’histoire nationales » © Fabrice Montignier/J.A.

Le retour des jihadistes du front syrien est devenu un casse-tête pour les autorités tunisiennes.

Si les partis au pouvoir, dont les islamistes d’Ennahdha, s’accordent à faire appliquer la loi avec rigueur, ils souhaitent également que les repentis soient traités avec clémence.

Alors qu’une large partie des Tunisiens ne l’entendent pas de cette oreille et le font savoir sur les réseaux sociaux, dans les médias et dans la rue, les dirigeants d’Ennahdha ont trouvé la parade. Selon des sources proches de la première formation parlementaire, ils voudraient que les dossiers de ces extrémistes entrent dans le champ de compétence de la justice transitionnelle, chapeautée par l’Instance Vérité et Dignité (IVD).

Les jihadistes avoueraient publiquement leurs crimes, témoigneraient de ce qu’ils ont vu et vécu, accepteraient d’être « déradicalisés » et de faire l’objet d’un suivi psychiatrique.

Les interrogatoires ne porteraient toutefois pas sur leur recrutement et leur transport jusqu’aux zones de combat. Une proposition en apparence consensuelle, mais qui se heurte à la mission de l’IVD, inscrite dans la Constitution, celle-ci ne couvrant par ailleurs que les crimes commis avant 2013.