Dossier

Cet article est issu du dossier «Croissance : qu'avons nous fait de nos quinze glorieuses»

Voir tout le sommaire
Politique économique

Sécuriser les finances publiques

JA 2920 © Jeune Afrique

Globalement, pendant la période de croissance sur le continent, les États ont fait des efforts pour améliorer le cadre macroéconomique des pays.

Mais ils n’en ont pas fait beaucoup pour diversifier leurs sources de revenus. Résultat, depuis la chute des cours des matières premières, les pays exportateurs comme le Nigeria et le Congo font face à de graves crises budgétaires. « Les États doivent trouver le moyen d’élargir leur assiette fiscale et taxer davantage la consommation interne qui a porté la croissance ces dernières années », explique Carlos Lopes.

Par ailleurs, alors que les États africains ont massivement sollicité les marchés financiers internationaux ces dernières années – entre 2005 et 2015, les émissions obligataires ont augmenté de plus de 22 % –, des inquiétudes sont apparues sur la hausse rapide de leur endettement. Donald Kaberuka, l’ancien président de la BAD, rappelle ainsi que trois règles sont plus que nécessaires : « bien investir les montants empruntés, dans des projets importants d’infrastructures par exemple, éviter d’emprunter pour financer les dépenses courantes et renforcer la capacité nationale de gestion de la dette ».

Des structures indépendantes des ministères des Finances et des banques centrales

Désormais conseiller de plusieurs fonds d’investissement, de cabinet internationaux de conseil et de chefs d’État, le Rwandais préconise la création dans les pays de structures indépendantes des ministères des Finances et des banques centrales pour gérer cette dette.

Une idée partagée par Peter Sullivan, directeur exécutif de Citigroup. D’après lui, ces entités doivent avoir trois fonctions principales : la gestion des risques (liés aux taux d’intérêt, aux devises et à la durée de la dette), de la trésorerie et une bonne communication avec les créanciers. Citant l’exemple de la Zambie, où une sévère dépréciation du kwacha par rapport au dollar a entraîné une augmentation de 106 % des intérêts de la dette, traduite en devise locale, le banquier assure que des instruments existent pour atténuer l’impact de ces situations.

Fermer

Je me connecte